Empoisonnement du demi-frère de Kim Jong Un : que s'est-il passé ?

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L'édito international de Vincent Hervouet est une chronique de l'émission Europe matin
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Chaque jour, Vincent Hervouet traite d’un sujet international.

Les Américains ont identifié le gaz mortel avec lequel le demi-frère de Kim Jong Un a été empoisonné, il y a un an. C’est du VX, une arme chimique.
Du coup, Washington renforce les sanctions contre la Corée du nord !
Cet élément de l’enquête tombe comme une douche froide sur une fête de famille. Au moment où la Corée du Nord fait des risettes à la Corée du sud, le Département d’État pointe la violence implacable de la monarchie communiste.
Cette famille régnante est une secte. La sœur Kim Yo Jong est parfaite en relations publiques, ambassadrice de charme aux J.O, première dame impeccable pour recevoir à diner samedi les sud-Coréens. Un cœur à prendre ! Avec le charme vénéneux des filles de tyran… C’est d’ailleurs une possible héritière, car on s’interroge (comme toujours) sur la santé du grand leader, qui a doublé de volume depuis qu’il est au pouvoir.
Kim Jong Nam était leur ainé. C’était le fils prodigue. Il vivait en exil, c’est-à-dire en cavale et en sursis. Le renégat avait écrit à Kim Jong Oune quand il est monté sur le trône, pour faire allégeance et le supplier de l’épargner…
Des tueurs ont organisé son élimination.
Une mort bien voyante, la terreur doit être éloquente. Deux filles ont été recrutées. Elles croyaient participer à un jeu télévisé. Les agents de PyongYang les ont entrainées à sauter au cou de passants, en leur mettant la main sur les yeux. Le jour dit, on leur a désigné un voyageur dans la foule à l’aéroport, après leur avoir enduit les mains de poison. Les caméras montrent le « coucou, c’est qui ? » fatal, l’air ahuri du condamné. Il se plaint à la sécurité, il entre en agonie en errant dans les dédales de l’aéroport de Kuala Lumpur.
Mort d’un traitre, sur les écrans de la vidéo interne. Les filles ont été retrouvées, des lampistes. Elles ne savaient rien. Mission accomplie.
Un an après, pourquoi le Département d’État relance-t-il l’affaire ?
Parce que le poison était du VX, un gaz neurotoxique à usage militaire. Les Américains en ont la preuve depuis dix jours.
L’utilisation d’une arme de destruction massive entraine illico de nouvelles sanctions américaines. Elles sont symboliques, les dernières adoptées par l’Onu à Noël sont aussi strictes que possible.
Cela montre combien l’administration américaine est sur ses gardes. Donald Trump a dit banco devant la main tendue de PyongYang. Kim Jong Eun lui a envoyé un messager, il est en route et on ne sait rien du message. Le Président dit que le monde attend et que l’Amérique ira jusqu’au bout.
Il y a vingt ans, Bill Clinton promettait une guerre.
Il y a un an et demi, Barack Obama redoutait d’avoir à prendre cette décision fatale.
Désormais, c’est le dilemme de Donald Trump.
Il ne laissera pas pourrir la situation. La pression va continuer sur Pyong-Yang. La dynastie est en sursis, comme l’était son rejeton indigne Kim Jong Nam.