Emmanuel Macron reçoit Georges Weah et promet de l'aide au Liberia

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L'édito international de Vincent Hervouet est une chronique de l'émission Deux heures d'info
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Chaque jour, Vincent Hervouet traite d’un sujet international.

George Weah déjeune à l’Elysée. L’ancien attaquant du PSG, ballon d’or 1995 est le nouveau président du Liberia.

Il y a plusieurs façons de mettre les petits plats dans les grands. Emmanuel Macron a convié à ce déjeuner officiel d’autres gloires du football, Didier Drogba, Kylian Mbappé, et puis aussi le Président de la fédération, Noël le Graët et des tas de personnalités du sport. On fera des photos. On aura l’illusion que la France vient de gagner une coupe ! Les hommes d’Etat ont toujours aimé les vedettes, maintenant ce sont des vedettes !

C’est un déjeuner de travail.

On peut travailler quand on est aussi nombreux autour de la table ? On peut parler la bouche pleine du développement de l’économie du sport, c’est le menu officiel. Sitôt le café avalé, les deux Présidents annonceront la création d’une "plate-forme pour mobiliser des financements sur des projets sportifs en Afrique".

La France ajoute le Liberia aux 17 pays prioritaires pour l’aide au développement.

La France aide petitement, comme elle peut, le Niger et le Centrafrique, Madagascar, Haïti, etc. Ils devront se serrer un peu plus la ceinture. Il y a deux différences entre ces pays et le Liberia. D’abord, la France n’y a aucune dette coloniale. Le Liberia a été fondé par d’anciens esclaves américains. C’était le 51° état, avec la statue de Washington, les studios de Voice of America, une bannière étoilée, le temple et la loge, des conseillers yankee. Le caoutchouc et le fer partaient à Detroit. Le Liberia, c’était l’Amérique en Afrique. George Weah lui-même est américain. Il pourra mobiliser la Maison Blanche et le lobby afro-américain au Congrès.

L’autre différence ?

La descente aux enfers. La guerre civile est la pire des guerres. Les deux guerres civiles successives au Liberia, avec extension en Sierra Leone, ont été le pire du pire. Des centaines de milliers de morts, des millions de déplacés et en prime, le virus Ebola et l’effondrement des cours des matières premières. Le Liberia reste un cloaque. Les coupeurs d’oreilles et les seigneurs de la guerre tiennent le haut du pavé. Certains entourent George Weah.
Quand le Liberia traversait ce cauchemar, lui offrait du rêve aux supporters. Depuis qu’il est élu, il fait encore rêver. Il promet la fin de la corruption, l’éducation pour tous, l’emploi pour les jeunes et désormais, "une plateforme pour mobiliser des financements sur des projets sportifs". Le pain et les jeux, tout à la fois. En attendant sans doute les routes, l’eau courante, un hôpital, un peu de sécurité ou de justice.

Le montant de l’aide bilatérale sera annoncé dans la journée

On connait l’enveloppe globale de l’aide publique : 0,38% du revenu national brut. Cela devrait être deux fois plus, pour tenir les objectifs fixés par l’ONU. Emmanuel Macron l’a programmé en 2030. En attendant, l’aide publique a subi cet été une coupe budgétaire à la machette, 140 millions en moins, les spécialistes n’avaient jamais vu ça.
George Weah ne trouvera pas de ballon d’or à l’Elysée. Ou alors, il sera en toc. Mais il emportera une photo souvenir.