Élection présidentielle au Brésil : le candidat d’extrême-droite arrive largement en tête du premier tour

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L'édito international de Vincent Hervouet est une chronique de l'émission Deux heures d'info
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Chaque jour, Vincent Hervouet traite d’un sujet international.

Les élections générales au Brésil et le candidat d’extrême-droite qui arrive largement en tête du premier tour de la présidentielle, avec 46,3% des voix.

Dieu est Brésilien, c’est ce que disent les habitants, fiers de leur paradis.
Ce matin, le diable aussi est brésilien.
D’abord, les sondeurs se sont lourdement trompés, une fois de plus. Ils donnaient dix points de moins à Jair Bolsonaro. Ils n’ont pas vu cette vague qui porte l’un de ses fils au Sénat et l’autre qui devient le député le mieux élu de toute l’histoire du Brésil. Ils ont sous-estimé la colère des Brésiliens qui éliminent sèchement l’ancienne Présidente Dilma Roussef. Les Brésiliens n’en peuvent plus de la crise, de la corruption, de la violence et de cette élite de gauche qui s’est rendue odieuse.
Il manque quatre points à Jair Bolsonaro pour l’emporter. Il crie au voleur. Il avait déjà annoncé qu’il ne reconnaitrait que sa victoire.
13% seulement des Brésiliens croient encore à la démocratie. Après le second tour, ils seront encore moins.

Le candidat de gauche, Fernando Haddad a fait moins de 30%.

C’est le suppléant de Lula, que les juges ont maintenu en prison. Un candidat par défaut. Il a trois semaines pour faire l’union sacrée contre le populisme qui ne passera pas.
Les sondeurs qui se trompent tout le temps disent que c’est jouable.
Jair Bolsonaro est la Providence de la gauche brésilienne qui le présente comme le petit Hitler des Tropiques. L’homme qu’elle aime détester est le seul qui puisse la maintenir au pouvoir.
C’est un diable de première classe et un candidat de premier tour.

Est ce qu’il peut l’emporter ?

Il faudrait qu’il soit sage comme une image, alors qu’il fait tout pour susciter l’indignation de la presse, l’horreur des féministes, la panique des modérés.
Il a failli y laisser sa peau, qu’un militant de l’autre bord a largement entaillée au couteau. Mais comme le diable est malin, sa chambre d’hôpital a été la meilleure estrade électorale.
Dans son lit, il est apparu comme la victime de cette violence qu’il dénonce. Maintenant, il va devoir affronter l’adversaire en duel. C’est le jugement dernier dont le diable a tout à redouter.