Donald Trump accusé de vouloir multiplier par 10 l'arsenal nucléaire américain

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L'édito international de Vincent Hervouet est une chronique de l'émission Deux heures d'info
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Chaque jour, Vincent Hervouet traite d’un sujet international.

Donald Trump aurait stupéfait son entourage en réclamant dix fois plus d’armes nucléaires, c’est ce que rapporte la chaîne NBC. Fureur du Président, qui dénonce les fake news.

Il était une fois, Donald Trump au Pentagone, avec ses généraux les plus étoilés, son chef de la diplomatie Rex Tillerson et les conseillers. Longue réunion de travail et à un moment, un graphique est projeté. Il montre qu’au temps de la guerre froide, les États-Unis disposaient de 32.000 ogives nucléaires. Aujourd’hui, ils en alignent 4.000. Donald Trump regarde et réagit : il faut revenir à l’arsenal d’antan !
Stupéfaction des participants. 50 ans de désarmement à oublier ? Le Donald est impayable. 4.000 ,c’est bien suffisant pour vitrifier tous les malveillants. NBC ajoute le commentaire de Rex Tillerson en sortant. Trump est un crétin. Il est débile. La traduction diffère selon les versions mais le sens y est.
Ce qui est beau dans cette histoire, c’est qu’on dirait une BD. Du genre qu’on retient facilement. Avec en sous-titre : au secours, le docteur folamour est de retour

Est-ce que le récit est crédible ?

NBC prétend l’avoir vérifié auprès de trois sources différentes. Pour les Médias américains comme pour les paysans du Sahel, les sources sont sacrées. Pourquoi en douter ? Donald Trump dit parfois n’importe quoi et son contraire aussitôt. Sur le fond, il a promis la plus puissante armée qui ait jamais existé. Il s’y tient. Le Sénat vient de voter une rallonge de 100 milliards de dollars, excusez du peu. Mais l’intérêt de l’histoire est ailleurs.

En quoi est-elle édifiante ?

D’abord, elle montre que l’état profond reste en guerre contre ce président qu’elle déteste et qui lui fait honte. Les fuites sont permanentes. Dès qu’il y a plus de trois personnes dans le bureau ovale, tout ce qui s’y dit se retrouve dans les journaux du lendemain. Interprété avec une malveillance que rien ne désarme. Car la presse reste hystériquement anti-Trump. Celui qui aura sa tête est assuré de décrocher le Pulitzer. Une presse d’autant plus remontée que l’espoir d’une destitution s’éloigne. Le scandale russe rétrécit comme des poupées gigognes.
Secondo, le cliché absolu, c’est que Trump est fou. Ou sénile. Ou les deux. Sonnez l’alarme, raisonner Trumpettes, le pyromane va mettre le monde à feu et à sang. Et le plus incroyable, c’est qu’en colportant cela, les journaux qui le détestent font exactement ce que Trump ordonnerait à son service de propagande.

C’est à dire ?

Il est convaincu que sa meilleure arme dans la négociation est de rester imprévisible. Face à la Corée du Nord, Donald Trump aurait repris la théorie du fou de Richard Nixon qui a tenté de faire croire à Ho Chi Minh qu’il était sujet à des colères noires et la main sur le détonateur.

Ça a marché ?

L’accord sur le Vietnam a bien été signé au bout de quatre ans. L’inventeur de la théorie en a tiré une grande renommée. Kissinger était le dernier dans le bureau ovale quand Nixon a été chassé de la Maison Blanche. Il y est revenu Jeudi dernier. Donald Trump lui a dit aussi qu’il était prêt à faire un test de QI avec Tillerson et qu’on verrait bien lequel était le plus débile.