De retour de Chine, Emmanuel Macron fait une escale à Rome pour le Med 7

  • A
  • A
Voir la vidéo sur Dailymotion
L'édito international de Vincent Hervouet est une chronique de l'émission Deux heures d'info
Partagez sur :

Chaque jour, Vincent Hervouet traite d’un sujet international.

De retour de Pékin, Emmanuel Macron fait escale ce matin en Italie où se tient le Med 7.

Tous les chemins mènent à Rome. Cela fait un détour de passer par la Chine mais cela remet les idées en perspective. De la Cité interdite à la Cité éternelle, le centre du monde bouge. Les ruines romaines semblent avoir été conservées exprès, pour rappeler que la décadence, les grandes invasions, etc. c’est déjà arrivé.
Bref, l’Europe a intérêt à se remuer.
Ce matin donc, quatrième sommet du Med 7.

C’est quoi ?

Au départ, il y a un an et demi, une Alliance des pays du sud. Le machin est informel et réunit la France, l’Italie, l’Espagne, le Portugal, la Grèce, Chypres et Malte. De vieux pays qui se connaissent par cœur, la gauche au soleil, très endettée en euros.
Si l’on regarde la liste des membres avec attention, on voit qu’il manque la Roumanie pour avoir tous les pays latins, la Bulgarie pour réunir les orthodoxes, et s’il s’agit des riverains de la Méditerranée, on a oublié Slovènes et Croates et le Portugal est en trop. Ce groupe est informe autant qu’informel. C’est bien le Club Med !
Sans Berlin, sans Bruxelles, on est plus détendu. La France est leader, plus grande, plus riche, plus peuplée. Tout cela plait au président qui se veut aux manettes en Europe, à la reconquête. Après la route de la soie, place à l’entre soi.

À quoi cela sert ?

À cela : à paraitre agir. Il y a déjà eu trois réunions, avec à chaque fois un ordre du jour ambitieux. A la première en Grèce, promouvoir les politiques de relance. À Lisbonne, préparer l’avenir de l’Europe. À Madrid, approfondir l’Union malgré le Brexit. On note que l’affichage est de plus en plus volontariste et qu’il y a de moins en moins de résultats.
Ce matin, ils devraient parler des frontières extérieures, de la sécurité, de la croissance, de la crise migratoire, de la réforme de la convention de Dublin, n’en jetez plus. Si, j’oublie l’essentiel : Paris veut parler d’une réforme de la zone euro. Emmanuel Macron veut du renfort, il a rendez-vous au printemps avec Angela Merkel pour sceller un accord sur la zone euro. La feuille de route doit être bouclée avant l’été.

Mais à Berlin, tout est suspendu à la formation d’une coalition de gouvernement.

Qui laissera peu de liberté au chancelier. Il y a aussi des élections incertaines en Italie.
Qu’importe, Emmanuel Macron vient de passer trois jours à Pékin à jouer au Président de l’Europe pour traiter sur un pied d’égalité avec l’Empereur de Chine. Les Chinois l’ont laissé faire, ça ne mange pas de riz.
C’est le point commun au club Med et à l’Europe fédérale, ça fait rêver et c’est fait pour ça.