Crise en Catalogne : arrestations et perquisitions à Barcelone

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L'édito international de Vincent Hervouet est une chronique de l'émission Deux heures d'info
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Chaque jour, Vincent Hervouet traite d’un sujet international.

La crise ouverte en Catalogne.

Hier, arrestations et perquisitions à Barcelone. La justice espagnole prend les grands moyens pour empêcher le référendum que les indépendantistes avaient convoqué dans dix jours. 

Devant ce qui se passe à Barcelone, on hésite à rire ou à pleurer, c’est outrancier comme un film d’Almodovar. Des apparatchiks en garde à vue : tous les partis politiques français ont connu cela. Mais pas une quinzaine de responsables cueillis à domicile ou au bureau, comme une rafle. Des ministères perquisitionnés, c’est banal, des juges ont même fait une descente à l’Elysée. Mais les manifestants appelés à la rescousse autour des bâtiments que la police veut fouiller, c’est un scénario de contre coup d’état à la turque. Et ces enquêteurs qui dénichent dans un entrepôt des millions de bulletins de vote. C’est banal de compter les bulletins de vote, mais les recompter avant le scrutin qui n’aura pas lieu, comme autant de preuves à conviction, ça personne ne l’avait imaginé. Et ils cherchent encore les urnes, 9 000 urnes bien cachées ! On dirait un film, c’est une corrida.

Madrid a choisi la manière forte "au nom du respect de la constitution".

La loi organique du royaume espagnol n’autorise pas ce référendum. Il a été manigancé en secret, imposé par surprise, au détour d’une séance du parlement régional, sans concertation préalable et réservé aux seuls habitants de la Catalogne. Les juges ont décrété le référendum illégal et interdit aux pouvoirs publics de prêter une salle ou d’y mettre un sou. Le gouvernement espagnol se drape dans le respect de la loi. L’Europe en fait autant, elle a déjà le Brexit sur les bras, elle ne veut pas en plus une guerre de sécession.

Le Premier ministre de droite a dit hier soir aux indépendantistes de renoncer à l’escalade. Ces derniers crient au totalitarisme.

La semaine dernière, ils se présentaient comme les héritiers de la République, les autres étant évidemment des Franquistes. Depuis, c’est la surenchère. Les deux camps se traitent réciproquement de Nazis. Provocation, répression, victimisation : c’est le théâtre habituel. Hier, les manifestants criaient "no Pasaran !" comme pendant la guerre civile. Ils ont une guerre de retard. La vraie a fait 16 morts et 125 blessés il y a un mois pile sur les Ramblas et à Combrils. No pasaran : ce sont les voitures bélier qu’il faut empêcher de passer. Depuis 25 ans, les indépendantistes font venir des familles du Maghreb ou du Pakistan parce qu’ils ne veulent pas d’immigrés latino-américains, qui ont le défaut de parler espagnol. Sans qu’il y ait jamais eu de référendum, la région est devenue un foyer du salafisme, la plaque tournante des djihadistes en Europe. Cela devrait faire réfléchir les électeurs. Et occuper la police davantage que la traque des urnes fantômes.