Corée : c’est un triomphe pour Kim Jong-un, il a déjà gagné les JO !

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L'édito international de Vincent Hervouet est une chronique de l'émission Europe matin
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Chaque jour, Vincent Hervouet traite d’un sujet international.

Les deux Corées, le Nord et le Sud, ont rendez-vous demain au Comité International Olympique. Elles vont plaider pour une équipe commune aux jeux d’hiver, le mois prochain.

Un hymne, un drapeau, une Corée. Évidemment, c’est mieux qu’un tir de missile, le champignon, la désolation universelle. Séoul parle déjà des jeux de Pye-ong-chang comme des jeux de la Paix.
Il y a de quoi faire enrager les Américains qui veulent renforcer les sanctions.

Le CIO ne va pas gâcher cet espoir de paix.

La trêve olympique, c’est sa raison d’être. Le CIO n’organise pas seulement tous les quatre ans de grandes manifestations hors de prix. L’idéal du baron de Coubertin, c’est la paix, pas les records du monde. Le CIO est un mythe suisse, aussi universel que la vache laitière sur les tablettes de chocolat.
Dans les faits, la paix par le sport ne s’est jamais réalisée. Jamais la compétition n’a empêché la guerre. En revanche, les Etats s’en servent pour régler des comptes diplomatiques, faire de la propagande, enrôler des espions, isoler, boycotter, discréditer l’adversaire… Et même à l’occasion, l’assassiner comme à Munich.

De quoi va parler le CIO avec les Coréens ?

Ils ont décidé avant-hier de défiler ensemble à la cérémonie d’ouverture. Derrière un drapeau neutre représentant la péninsule réunifiée. Et de constituer une seule équipe féminine pour le hockey sur glace. A Lausanne, les sportifs du nord viennent chercher une dérogation, parce qu’ils ne se sont pas inscrits dans les délais. C’est une formalité. Il y a aussi les jeux paralympiques, la venue de 230 pompoms girls et d’un orchestre philarmonique. Des détails.
Sur le fond, rien n’est vraiment nouveau. Il y a déjà eu une équipe commune de tennis de table, en 91. Les Nord-Coréens ne l’ont pas vu, le pays était privé de courant, c’était le début de la famine.
Le drapeau neutre a déjà flotté sur une seule délégation en 2000 à Sydney, 2004 à Athènes et 2006 à Turin. Pendant ce temps, ingénieurs et espions nord-Coréens rassemblaient les éléments épars d’une bombe atomique.
Ils l’ont fait sauter en 2006, on a rangé le drapeau.

Les Nord-Coréens sont demandeurs cette année.

PyongYang savoure sa victoire. Le meilleur, c’est que les Américains qui veulent renforcer les sanctions passent pour des mauvais joueurs.
Le régime leur a d’ailleurs répondu hier en annonçant fastueux un fastueux défilé militaire la veille des jeux. Cela aurait été dommage de rater l’occasion de montrer au monde de quoi on est capable. 12 000 soldats farouches, avec de l’artillerie. Et sans doute les missiles balistiques Taepodong qui porte à 15 000 kilomètres, largement de quoi vitrifier la Californie ou Lausanne.
Bien qu’on ne voit pas pourquoi Kim Jong Un s’attaquerait à la Suisse. Il faut ici rectifier la légende. Il y a passé une adolescence heureuse, de 12 à 16 ans. Il avait rejoint son frère ainé Jong-Chol et leur sœur Yo-Jong. Ils vivaient en famille chez un oncle et une tante, à Berne. Ils jouaient aux Lego et à la playstation et au basket. Il était bon skieur, bon camarade et en plus de l’anglais, du français, de l’allemand, il baragouinait le patois bernois.
Bref, rien à voir avec le fou furieux que décrit la propagande qui remporte les Olympiades du mensonge.