Catalogne : le bras de fer continue

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L'édito international de Vincent Hervouet est une chronique de l'émission Europe matin
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Chaque jour, Vincent Hervouet traite d’un sujet international.

L’Heure de vérité sonne pour les séparatistes catalans. À 18 heures, le Président de la Generalitat proclamera ou renoncera à l’indépendance.

Il paraît que Carlos Puygdemont se lève tôt. Il a raison d’en profiter : il a dix heures devant lui et tant que dure le suspens, il est le roi du monde. Stop ou encore ? Va-t-il ou non proclamer l’indépendance, en s’appuyant sur ce référendum douteux et douloureux de la semaine dernière ? Ou va-t-il manger son chapeau, c’est à dire le casque de cheveux noirs qu’il porte bas sur le front ?
C’est sans précédent que la décision solitaire d’un homme politique ait autant de conséquences pour l’avenir de l’Union européenne. Angela Merkel ouvrant les bras aux migrants a bien provoqué un séisme en Europe mais deux ans après, il s’est résorbé. Nicolas Sarkozy engageant la guerre en Libye y a précipité un chaos qui dure encore et déborde jusqu’en Italie, mais c’est une guerre et la Catalogne est en paix, si l’on oublie les djihadistes qui y complotent comme chez eux. Imaginez même qu’à Buckingham ce matin, au réveil, la reine Elisabeth décide soudain d’abdiquer, ce serait un tremblement de terre mais seulement pour les Britanniques et pour la presse magazine. Pour ébranler le Continent, il faudrait au moins qu’elle s’installe à Bruxelles ou qu’elle se convertisse à l’Islam.
Carles Puygdemont a rendez-vous à 18 heures, quoi qu’il dise, son discours passera à la postérité. Chapeau !

Il a déclaré qu’il "aborderait la situation politique" sans vouloir se dévoiler davantage.

C’était dimanche. On retiendra qu’au bord du ravin, il a hésité. Et pour cause : des centaines de milliers de manifestants ont pavoisé Barcelone aux couleurs de l’Espagne, du jamais vu, même au temps du franquisme triomphant. Réalisez le cauchemar pour un séparatiste qui voit partout le fantôme de Franco et qui offre un telle victoire posthume au Caudillo. Et puis, il y a ces banques et la douzaine de grandes entreprises qui ont annoncé leur déménagement et qui ont fait davantage pour dégriser les indépendantistes que tous les coups de trique de la Guardia civil.

Est ce qu’il peut reculer ?

Oui, mais pour mieux sauter dans le vide !
A Barcelone, avec ses amis, on les surnomme les Ca-talibans. Le talibans ne déposent jamais les armes, ils préfèrent mourir. Les catalibans sont pareils, ils aiment à se victimiser.
Donc, soit il renonce est c’est un suicide politique. Soit il plonge et c’est un suicide collectif.
Carles Puygdemont a écrit un seul livre au titre bizarre : "Cata…Quoi ?" parce que des tas de gens rencontrés en voyage ignoraient l’existence même de la Catalogne. Désormais, ils savent !