Asia Bibi sera-t-elle accueillie en France ?

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L'édito international de Vincent Hervouet est une chronique de l'émission Deux heures d'info
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Chaque jour, Vincent Hervouet traite d’un sujet international.

Asia Bibi, cette chrétienne pakistanaise qui avait été condamnée pour blasphème et qui a été finalement innocentée. Ce jeudi matin, on la croyait dans l’avion pour l’exil, eh bien non !

Asia Bibi a été extraite de sa prison mais elle reste coincée au Pakistan. Il parait qu’elle a passé la nuit en lieu sûr, sous bonne garde. On lit cela et on se dit que cela ne fait pas une grande différence avec le cachot, où elle a croupi pendant neuf ans et quatre mois.
On a tort.
D’abord, on espère qu’Asia Bibi a pu retrouver son mari et ses trois filles. Même entre quatre murs, ce regroupement familial serait un retour à la vie.
Et puis, Asia Bibi a dormi tranquille et, ça non plus, ne lui était pas arrivé depuis longtemps.
En 2010, le pape avait envoyé le cardinal Jean-Louis Tauran à Islamabad pour qu’il plaide sa libération. Le prélat français avait obtenu des dirigeants pakistanais la promesse qu’ils n’exécuteraient pas Asia Bibi. Mais ses interlocuteurs avaient ajouté qu’ils ne pouvaient pas la protéger contre la vengeance d’un maton ou d’une codétenue décidé à punir une chrétienne.

Cela montre l’impuissance du gouvernement pakistanais.

Cela ne s’est pas arrangé !
Le chef du Terik E Labbaik Pakistan qui veut à tout prix faire pendre Asia Bibi a appelé ses partisans à assassiner les juges, les militaires à se mutiner et les manifestants à bloquer les villes. Le pouvoir implacable l’a puni en bloquant son compte tweeter.
La Cour suprême avait ordonné la libération immédiate d’Asia Bibi. Le gouvernement est resté tétanisé une semaine. Il a négocié avec les islamistes qui bloquaient la capitale. Il a fait une concession qui est une capitulation. Il a promis qu’Asia Bibi resterait au Pakistan tant que les tribunaux n’auront pas statué sur les recours contre sa libération.
Heureusement que le nouveau Premier ministre a fondé le Parti de la justice !
La paysanne martyr du Pendjab est une femme profondément libre.
C’est bien le gouvernement pakistanais qui est retenu en otage.