Allemagne : le renvoi en Afghanistan de migrants déboutés du droit d'asile

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L'édito international de Vincent Hervouet est une chronique de l'émission Europe matin
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Chaque jour, Vincent Hervouet traite d’un sujet international.

Les Humanitaires plient bagage et abandonnent l’Afghanistan ou ils ne peuvent plus travailler.
Les Britanniques de "Save the Children" ont débarqué en Afghanistan, en 1976, au moment de la première rébellion islamiste contre le pourvoir impie. Depuis quarante ans, l’Afghanistan a connu plusieurs guerres, mais l’Ong s’est accrochée, prenant en charge des dizaines de millions d’enfants.
40 ans, ça fait deux générations.
L’Afghanistan est dans les champions du monde pour la mortalité infantile. En plus, les survivants courent davantage de risques de succomber à la violence que n’importe quelle autre catégorie de la population, y compris les militaires, les talibans et les chauffeurs routiers…
Hier matin, 1,4 million d'enfants étaient aidés par Save The Children. Et puis son centre de Djalalabad, dans l’est a été pris d’assaut par une bande de terroristes. Ils ont lancé une voiture piégée, ouvert la porte au RPG et tué les gardes. Le personnel sur place, une cinquantaine de personnes a juste eu le temps de foncer au sous-sol  et de s’enfermer dans la safe room.
Des heures d’angoisse à attendre que la police vienne à bout des kamikazes de l’état islamique.
Hier soir, Save the Children a jeté l’éponge. L’ong ferme ses bureaux en Afghanistan.
Comme la plupart des organisations humanitaires l’ont déjà fait.
L’Afghanistan est le deuxième pays le plus dangereux au monde pour les humanitaires, juste après le Soudan du sud où ils n’ont pas le temps de déballer leurs sacs qu’ils sont déjà kidnappés.
Même les grandes machines comme le Comité international de la Croix Rouge ou le Programme alimentaire mondial ont levé le pied, après avoir subi des attaques meurtrières. Ceux qui restent sont cantonnés dans les grandes villes.
Même à Kaboul, les étrangers sont des cibles.
On l’a vu le week-end dernier quand l’hôtel Intercontinental a été attaqué. L’hôtel est comme une villa au milieu de la jungle. Les terroristes cherchaient les étrangers pour les tuer.
C’est un pays en convulsions que vous décrivez.

Les Allemands le considèrent comme un pays sûr.
Pas assez pour y entretenir une ambassade : il ne reste qu’un diplomate sur place, squatter de luxe à l’ambassade américaine, ce qui n’est pas très flatteur pour la souveraineté d’un si grand pays.
Mais l’Afghanistan est un pays assez sûr pour y ramener hier une vingtaine de migrants. Dusseldorf Kaboul, vol direct, aller simple pour des hommes, souvent jeunes, certains mettant les pieds pour la première fois sur le sol sacré de la patrie.  
Ils ont été déboutés du droit d’asile parce qu’on les soupçonne  d’être liés à l’Islam radical ou parce qu’ils sortent de prison.
A l’été 2015, les Allemands accueillaient avec des bouquets de fleurs les trains des réfugiés. Angela Merkel disait "on va y arriver". La montée de la violence et la rébellion de l’électorat ont montré qu’elle n’y arrivait pas.
Qui fait l’ange fait la bête.
Il faut être bête pour prétendre que l’Afghanistan est un pays sûr.