Afrique du Sud : L'ANC donne 48h au Président Jacob Zuma pour démissionner

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L'édito international de Vincent Hervouet est une chronique de l'émission Europe matin
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Chaque jour, Vincent Hervouet traite d’un sujet international.

Dénouement en vue en Afrique du sud. Le parti au pouvoir, l’ANC, donne 48 heures au Président Jacob Zuma pour démissionner

Vous savez sur quoi achoppent les palabres sur le départ de Jacob Zuma ? Il veut que son parti paie ses futurs frais d’avocat. Il ne se fait aucune illusion. La chasse à l’homme sera lancée à l’instant précis où il deviendra l’ancien président. C’est l’un des effets pervers de l’alternance. Les potentats qui ont joui de l’impunité au pouvoir rechignent à rendre les clefs, parce que cela veut dire rendre des comptes. La longévité des Présidents est directement liée à leur corruption.

Tous ne sont pas corrompus !

Tous ne sont pas condamnés ! Prenez Robert Mugabé, 94 ans la semaine prochaine. Il s’imaginait réélu à la tête du Zimbabwé au printemps, avant de passer le volant à sa veuve. Il a été débarqué en douceur par son bras droit. C’est sa chance. Son successeur ne veut surtout pas de déballage. Le vieux tyran n’aura jamais à expliquer la fortune qu’il a amassée dans le pays qu’il a ruiné.

Mugabé, c’est un cas extrême, 30 ans au pouvoir

Ce matin, c’est l’anniversaire du doyen des francophones, Paul Biya 85 ans. Premier ministre du Cameroun en 1975, Président depuis 1982. Les trois-quarts des Camerounais ont moins de 25 ans. Ils l’ont toujours connu. Il passe le plus clair de son temps en Suisse, seul président en exercice qui vive comme s’il était en exil. Il a ses soucis de santé. Le Cameroun aussi, attaqué par Boko Haram au Nord et en proie à une insurrection à l’ouest, mais Paul Biya prépare son septième mandat, réélection en fin d’année. C’est pour briser ce cercle vicieux que Mo Ibrahim, un milliardaire anglo-soudanais a créé une fondation et un prix. Un prix mirobolant : 5 millions de dollars à l’heureux lauréat. Et une rente à vie, 200 000 dollars par an. Il récompense les chefs d’état méritants. Ceux qui ont amélioré la situation dans leurs pays. En plus, il faut avoir transféré démocratiquement son pouvoir à son successeur. Deux prix seulement avaient été décernés depuis dix ans…

Hier, Hélène Johnson-Sirleaf l’a obtenu. 

Vous vous souvenez d’elle ? Elle a été la première femme élue Présidente en Afrique. Elle a fait deux mandats à la tête du Libéria, un pays qui a été ravagé par une guerre civile atroce. Elle avait eu le prix Nobel de la paix, un peu comme Obama, par avance. Elle n’a pas fait grand-chose contre l’impunité des seigneurs de guerre ou contre la corruption. Mais fin janvier, pour la première fois de son histoire, le Libéria a vu un chef d’état élu passer le relais à un président élu. Le nouveau, c’est George Weah, le seul footballeur africain à avoir décroché le ballon d’or… Espérons que dans quatre ou huit ans, il décroche le prix Mo Ibrahim, ce serait une autre prouesse.