Affaire Khashoggi : un journaliste disparu dans le consulat saoudien en Turquie

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L'édito international de Vincent Hervouet est une chronique de l'émission Deux heures d'info
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Chaque jour, Vincent Hervouet traite d’un sujet international.

La disparition d’un journaliste saoudien à Istanbul. Le mystère Khashoggi devient une affaire d’État.

Recep Tayyip Erdogan réclame des comptes. Les Saoudiens doivent lui donner la preuve en images que Jamal Khashoggi est bien ressorti de leur consulat comme ils le prétendent.
La fiancée du journaliste l’attendait devant la porte. Cela fait pile une semaine, et même avec des bureaucrates qui font du zèle, il y a longtemps qu’il aurait dû la retrouver.
La police turque scrute les images des quinze saoudiens qui ont débarqué au consulat et sont repartis le soir même, à bord de deux jets qui les attendaient prêts à redécoller. Des agents spéciaux, des moukabarats. Avec des têtes de tueurs. Les Turcs les soupçonnent d’être venus exprès pour assassiner le confrère, avant de le couper en morceaux. Avant ou après. D’ordinaire, les Saoudiens se contentent de couper la main ou la tête des condamnés.
La police dit qu’une vidéo a été tournée de la mise à mort.
Cela prouve qu’elle croit le Palais capable de tout.
Rien n’arrête MBS Mohamed Ben Salmane. Ni les crimes de guerre au Yemen, ni le blocus du Qatar, ni le financement de combattant islamistes qui sont contre le terrorisme, tout contre.

C’est le prince héritier qui est en train de moderniser l’Arabie !

La version optimiste, c’est la dictature éclairée. Le prince qui ouvre des cinémas, qui autorise les femmes à conduire, qui serait prêt à la paix avec Israël.
La version moins people, c’est un tyran retranché dans son palais, ombrageux, vindicatif et rancunier. C’est le prince qui a embastillé des milliers d’intellectuels. Celui qui a séquestré et rançonné des centaines de milliardaires au Ritz Carlton de Ryad.
C’est l’homme qu’avait fui Jalal Khashoggi, trouvant refuge au Washington post.
Il était du sérail, le meilleur journaliste de cour, le plus influent. Il avait dirigé les principaux journaux saoudiens, avec une certaine liberté de ton.
Avec MBS, un opposant est celui qui manifeste une retenue dans l’approbation. Quiconque s’oppose doit être écrasé. MBS combat le Washington post comme Donald Trump, mais avec les méthodes de Vladimir Poutine.
Ce matin, Erdogan lui met la pression. On attend de voir si Donald Trump en fait autant.