Morbihan : des huîtres dans les imprimantes 3D

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Made in France est une chronique de l'émission Europe matin
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Anicet Mbida nous présente chaque matin les plus belles inventions françaises.

Un bel exemple de valorisation des ressources locales qui nous vient de Bretagne, plus précisément de Cléguer, près de Lorient, dans le Morbihan. Rien que dans ce département, on collecte chaque année plus de 10.000 tonnes de déchets d’huîtres, chez les éleveurs quand ils se débarrassent des huîtres malades ou mortes. L’usine de Kervellerin est ravie de récupérer ces déchets. Car elle a trouvé une formule pour transformer la poudre d’huître en une sorte de calcaire marin. Une matière utilisée ensuite comme peinture pour le marquage des routes et plus récemment comme matière première pour les imprimantes 3D. 

En Bretagne, plusieurs centaines de kilomètres de routes sont déjà marquées à la poudre d’huître. Elle offre l’avantage d’être réfléchissante, antidérapante et de mieux résister au temps que les produits à base de pétrole. Même chose pour les imprimantes 3D : aujourd’hui, on utilise du consommable plastique, là encore à base de pétrole alors qu’un filament à la poudre d’huître rend les objets imprimés totalement biodégradables.

Cette propriété intéresse beaucoup de monde dans le secteur. Au départ, l’usine de Kervellerin produisait du fertilisant à base de calcaire. Mais avec le monopole des grands groupes sur les carrières, elle a commencé à avoir des problèmes d’approvisionnement. Et un jour, en voyant un tas de coquilles d’huîtres à la criée du coin, ils se sont dit : "pourquoi ne pas essayer d’en tirer du calcaire ?" Il aura tout de même fallu 3 ans de Recherche et développement avec l’Université de Bretagne avant d’y parvenir. Mais aujourd’hui, ils disposent d’une ressource locale, renouvelable et qui permet de valoriser les déchets.