Chers marchands d’armes : "Les armes à feu, ça finit même par plomber l’ambiance !"

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Lettre ou ne pas lettre est une chronique de l'émission Europe 1 bonjour
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Chaque vendredi, Michaël Hirsch vous présente son coup de patte personnel.

Chers marchands d’armes,

Étant moi-même boursicoteur à mes heures perdues, je regrette vivement qu’au lendemain de la tuerie de Las Vegas vous n’ayez pas tenu au courant les petits actionnaires : 6% d’augmentation en une journée ! Ça m’aurait permis de m’acheter un nouveau flingue!
Car oui, rien de tel qu’une bonne vague d’effroi pour relancer les ventes d’armes à feu !

Encore une semaine qui se fait dans la douleur pour certains et dans les dollars pour les autres.
Les armes à feu, ça finit même par plomber l’ambiance.

Ils sont quand même étonnants ces États de plus en plus désunis d’Amérique. Toujours prêt à aller à faire la guerre à l’autre bout du monde pour défendre leurs citoyens mais qui refusent d’intervenir quand ces mêmes citoyens s'entretuent. Au pays de Donald faut pouvoir se canarder.
Ça doit être ça le patriotisme : tuer un américain, non, jamais ! Sauf si c’est un autre américain qui le tue, et avec des armes américaines !

Chaque année le nombre de fusillades augmente aux États-Unis, en 2017 il y a déjà eu plus de 11.000 morts par armes à feu ! Bientôt aller de l’autre côté de l’Atlantique ce sera voyage en tirs inconnus.

Et je t’imagine toi le grand patron d’une entreprise d’armes, cigare à la bouche, devant ta télé à chaque fusillade, tu pleures un peu, mais surtout, tu ris. Car, quand tout le monde va s’acheter un flingue, toi, tu reçois le salaire de la peur.
Et oui, business is business comme on dit à Wall Street, rien de tel qu’une bonne fusillade d’élèves pour que les cours décollent. Ça doit être ça, choisir entre la bourse ou la vie.

Et puis soudainement, je me suis pris à rêver d'un monde sans armes et surtout sans cible ! Un monde où l’industrie de l’armement aurait enfin décidé de nous foutre la paix !
Alors, bien sûr out ça n’était qu’un rêve mais rêver c’est recoudre les plaies du présent avec des points de futur !

Tendrement,
Michaël