Chers Évadés Fiscaux : de Panama ou de paradise, vous n'avez même paper !

  • A
  • A
Voir la vidéo sur Dailymotion
Lettre ou ne pas lettre est une chronique de l'émission Europe 1 bonjour
Partagez sur :

Chaque vendredi, Michaël Hirsch nous fait partager une lettre adressée à une personnalité ou une institution qui fait l'actualité.

Michaël Hirsch a décidé d’écrire aux capitalistes adeptes d’exotisme.

Chers Évadés Fiscaux,

Je sais bien que vous avez pour habitude de vivre dans le luxe, mais je suis stupéfait de voir que même en pleine tempête médiatique vous restiez de marbre !
On dirait que toutes ces révélations vous concernant, qu’elles soient de Panama ou de Paradise ça vous fait même paper !

Pourtant mardi soir j’ai regardé religieusement Cash Investigation sur les paradis fiscaux et croyez-moi Raphaëlle, c’était voyage au bout l’affaire ! Avec la merveilleuse et télégénique Madame Lucet dans le rôle de l’Elise Cathodique.
Et moi, happé par le reportage, je me suis même pris à rêver que l’heure du jugement dernier avait enfin sonné.
Pour avoir trop croqué le fruit défendu, et nous avoir pris pour des pommes, vous serez punis, au nom du Fisc ! Pour avoir échappé aux taxes, vous connaîtrez à partir d’aujourd'hui l’impôt calypse ! Évadés Retro Satanas !

Et puis une fois revenu de mes pensées, il fallait se rendre à l’évidence ces pratiques d’optimisation fiscales sont bien souvent légales. Seulement, excusez-moi, mais expatrier ses capitaux dans les îles, sous les cocotiers, c’est pas bon pour la morale !

Car derrière ce phénomène si répandu de vouloir gagner toujours plus et posséder toujours plus, se cache surtout un vrai problème de satiété :
Ces multinationales jamais repues, de véritables firmes d’horreurs !
Ces avocats fiscalistes et ces sociétés d’audits, qui profitent de la moindre faille juridique, pour faire une partie de jeu de loi.

Et puis surtout, ça illustre à merveille, le manque de courage de nos Hommes Politiques qui pour traquer les fraudeurs du RSA se sentent toujours pousser du zèle. Mais qui vis-à-vis des évadés fiscaux ont beaucoup plus de scrupules à passer à la taxe. Ça mériterait presque d’en faire un film qu’on appellerait Merci Poltrons !

Pourtant en y réfléchissant bien, ces Paradise Papers seraient l’occasion parfaite pour notre Président, adepte de la théorie du ruissellement, de jouer aux apprentis sourcier et de s'occuper de toutes ces fuites de liquide.
De prendre enfin en compte ceux à qui habituellement il ne reste que des gouttes, plutôt que ceux dont le comportement dégoutte.

Tendrement,
Michaël