Chère Mona Lisa, tout le monde Louvre et on ne laisse que Mona s’taire !

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Lettre ou ne pas lettre est une chronique de l'émission Europe matin
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Chaque vendredi, Michaël Hirsch nous fait partager une lettre adressée à une personnalité ou une institution qui fait l'actualité.

Michaël Hirsch a décidé de consacrer sa lettre de ce matin à cette affaire du prêt de la Joconde qui semble-t-il l’a beaucoup choqué.

Absolument, car on a entendu tous les avis sur les futurs voyages de Mona Lisa. Tous, sauf le sien !

Alors chère Joconde, je tenais à vous apporter mon soutien.
Car dans cette histoire de musée, tout le monde Louvre, et on ne laisse que Mona s’taire !?

Et pourquoi ça ? Parce que vous ne seriez qu’une Muse. Alors, en ce lendemain du 8 mars, permettez-moi de lancer un cri d’alerte. Non à la muse ogynie !
Ce n’est plus tolérable ces Musées-Homme où comme ailleurs, ceux qui ont le dernier mot, c’est toujours les conservateurs !

Ne peut-on pas avoir une once de compassion et de respect pour cette femme livrée en peinture au regard de plus de 20.000 personnes chaque jour ? Ah pas facile d’être la femme la plus visitée de France ! Et croyez-moi si on était à sa place on se rendrait compte que tout le monde ne la regarde pas que dans les yeux !

Bien sûr, chère Mona Lisa, vous étiez une femme à croquer, et oui 500 ans plus tard on peut dire que vous êtes toujours très bien conservée… Comme quoi d’un point de vue purement plastique, l’art est plus efficace que la chirurgie !

Mais quand bien même on serait une Muse, n’aurait-on pas le droit de rêver à de nouvelles perspectives ?
Ne serait-il pas permis, en tant que Muse, de poursuivre ses aspirations d’adolescentes. Car finalement Aquarelle les jeunes filles !?

Je suis venu vous rendre visite hier, chère Mona, et il m’a semblé que votre peau se craquelait, que vous aviez les traits tirés, et que sous ce vernis sage votre regard habituellement si doux avait perdu de sa superbe. Que vous étiez en train d’étouffer derrière votre plexiglas l’air de dire : " et moi dans cette affaire. Joconde pour du beurre ?!".

Car non content de vous traiter d’icône, chère Mona Lisa, il faut en plus chaque jour de l’année que vous soyez parfaitement apprêtée, d’humeur égale, fraîche et dispo et que vous ayez toujours le sourire…

Cela bien-sûr vous le faites à merveille. La preuve, lors de votre dernier voyage à Tokyo, en 1974, vous avez laissé une tellement bonne image, que vos amis Japonais ne cessent de revenir vous voir à Paris !

Mais qu’est-ce qu’on aimerait vous imposer aujourd’hui ? D’aller vous exposer encore à Lens ou dans quelques contrées plus lointaines, de multiplier les voyages professionnelles. Mais enfin ne croyez-vous pas chers auditeurs, que la Joconde, elle aussi a besoin de décrocher !?

Alors vous comprenez que toute cette affaire chère Mona, me scandalisa. Car bien loin des clichés, la Joconde, est une femme qui depuis toutes ces années a le dos au mur et qui aujourd’hui comme bien d’autre, aimerait simplement prendre en main son dessin.

Tendrement,
Michaël