Cher Facebook, il y a que les bons comptes qui font les bons amis ?

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Lettre ou ne pas lettre est une chronique de l'émission Europe matin
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Chaque vendredi, Michaël Hirsch nous fait partager une lettre adressée à une personnalité ou une institution qui fait l'actualité.

Michaël Hirsch a donc décidé d’écrire à Facebook sur cette histoire de censure du tableau de Gustave Courbet.

Cher Facebook,

Pour préparer cette lettre, il a fallu que j’aille faire quelques recherches sur Facebook. En tombant, totalement par hasard, sur vos profils respectifs, j’ai appris plein de choses.

Par exemple, vous, Francis Huster, sur Facebook vous êtes tatoueur à Montréal ! Vous en parlez jamais dans vos interviews ! Et dites-moi ça doit pas être évident à tatouer, la tête de Molière ou de Marivaux sur les biceps des élèves du cours Florent. Et d’ailleurs il paraît que vous avez vous-même une tête de Louis Jouvet sur le torse. Par contre Michel Simon sur le mollet, vous avez dû renoncer parce que ça tenait pas.

Et puis Patrick Cohen, pareil, on en apprend de belle sur Facebook ! Alors comme ça vous êtes aussi charcutier-traiteur au Vésinet !! Donc si je comprends bien, entre votre matinale, et C à vous le soir, vous allez débiter de la chipolata. Faut en être fier, Patrick, en plus j’ai vu les photos ça à l’air d’être une merveille votre Jambon Persillé !

Mais ma plus grande surprise, c’est en tombant sur le profil de Julie Leclerc. Sur Facebook, vous êtes professeure de Yoga Bikrham dans le marais. Et permettez-moi de vous dire, Julie, sur votre photo de profil, ce petit legging rose Fluo parfaitement ajusté, c’est une merveille ! Et entre nous, votre petit tatouage de dauphin en bas du dos c’est Francis Huster qui vous l’a fait ?

Mais revenons plutôt à la censure de l’Origine du Monde sur Facebook.

Absolument, mais bon vous savez ce que c’est sur Facebook, vous venez y faire quelque chose et une demi-heure plus tard vous vous surprenez à vous enthousiasmer pour des vidéos de chatons qui font du lap dance.

Car oui, pour Facebook, y’a des priorités. Des tombereaux d’insultes à l’égard d’une adolescente harcelée par tout son lycée, ça passe. Des vidéos de meurtre en direct, ça passe aussi. Mais la peinture d’un sexe de femme ça non, suspension immédiate du profil ! Apparemment, sur Facebook, y a que les bons comptes qui font les bons amis.

Ah ce Zuckerberg, tient beaucoup à son de image de Mark, de Mark Zuckerberg, quoi ! Et à l’image de son entreprise aussi pour que les annonceurs continuent à y investir massivement. La violence a droit de citer, mais pour qu’il y ait de la pub, eh bien pas de pubis cité.
Une peinture, qui plus est d’une femme nue, c’est peut-être trop humain, trop sensible, pour l’intelligence artificielle. Pourtant je continue de trouver ça beaucoup plus inspirant une toile de maître que de tout mettre sur la toile.

Tendrement,
Michaël