L'espace en tête - Le NewSpace

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L'espace en tête est une chronique de l'émission Europe matin
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Chaque jour, L'espace en tête, président du Centre national d'études spatiales (CNES), nous emmène à la découverte de l'espace. Aujourd'hui, le NewSpace.

Depuis son origine au début des années 1960, l’épopée spatiale a connu plusieurs mutations. Ces toutes dernières années, une dynamique originale a vu le jour, et certains y voient l’aube d’un nouvel "âge", souvent désigné par le mot NewSpace ». Alors qu’appelle-t-on exactement NewSpace et comment cette tendance se manifeste-t-elle dans les fusées ?

Il n’y a pas de définition académique : le NewSpace, c’est l’arrivée de nouveaux acteurs dans le secteur, entrepreneurs souvent issus ou en lien avec le monde de l’économie numérique, qui développent des produits spatiaux en dehors des circuits historiques et en mobilisant des investissements majoritairement privés. Ces investissements, croissants et estimés à quatre milliards de dollars pour l’année 2017, sont rendus possibles par les promesses d’un nouvel élan économique autour du spatial, contribuant depuis l’orbite à l’appétit d’hyper connectivité de nos sociétés modernes, avec des constellations d’observation ou de télécommunications quadrillant la planète depuis l’espace. 

Figures emblématiques de ce mouvement, des individualités occupent le devant de la scène : Elon Musk, patron de SpaceX avec les fusées Falcon et peut-être la constellation de télécommunication Starlink, Jeff Bezos, fondateur d’Amazon mais aussi de Blue Origin qui veut développer les vols habités privés sur son lanceur New Glenn, Richard Branson, dont l’entreprise Virgin Galactic propose un vol à sensations fortes à la frontière de l’espace.

Beaucoup d’autres en réalité, moins exposés médiatiquement, tentent l’aventure, et pas seulement aux États-Unis. En Europe, en Inde ou en Chine, plus de 60 entreprises s’essaient par exemple à développer ce que l’on appelle des microlanceurs, des fusées petit format ciblant ces nouveaux marchés. En janvier dernier, la petite société privée RocketLabs a ainsi propulsé la Nouvelle-Zélande au rang de « puissance spatiale » en réussissant son premier lancement depuis l’île de Mahia, dans le Pacifique Sud.

Mais en fait, l’opposition entre acteurs historiques et NewSpace est souvent un fantasme. L’espace est un secteur incroyablement exigeant et les succès de ces nouveaux venus qui explorent avec enthousiasme de nouvelles façons de procéder, sont rendus possibles par les technologies, les infrastructures et le support de leurs aînés sous des formes variées. C’est tout le sens des initiatives prises par le CNES pour favoriser l’émergence d’un nouvel écosystème en France : fond d’investissement CosmiCapital, support aux start-ups au sein de la French Tech, essaimage des idées de nos ingénieurs car le NewSpace constitue un levier d’innovation formidable pour réinventer le secteur spatial, au moment où ses activités commerciales, stratégiques, ou sociétales sont en plein essor.