Les procès publics en Chine, une pratique peu à peu remise au goût du jour

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En Chine, un procès public a condamné à mort dix personnes la semaine dernière, pour meurtre, vols, ou des crimes liés à la drogue. De tels procès ont déjà eu lieu en 2014 et 2015 et cette pratique du procès public est une tendance qui revient peu à peu dans la société chinoise. 

Voici le journal du monde, et ses histoires qu’on n’entend pas ailleurs. Et ce soir on regarde d’abord vers la Chine, dans le sud du pays où dix personnes ont été condamnées à mort lors d’un procès public...

Cela s’est passé sur le petit stade de la ville de Lufeng, une ville de la côte continentale, à 160 km de Hong Kong. Sur une scène dressée sur ce qui doit être habituellement les tribunes, les jurés sont alignés. Puis les prévenus sont amenés, un par un, sur une petite estrade qui ressemble à un podium de remise des prix, posée sur la piste d’athlétisme. Chacun est encadré par quatre gardes avec des lunettes de soleil. Et chacun écoute la lecture du verdict le concernant : dix condamnations à mort donc, sept pour des crimes liés à la drogue, les trois autres pour vols ou meurtre. Et au milieu du stade, donc, des milliers d’habitants, qui quatre jours avant, sur les réseaux sociaux, ont été officiellement priés de venir assister à la lecture des condamnations. Alors certains regardent, filment parfois, d’autres fument ou textotent. Certains médias locaux rapportent qu’il y avait là aussi des écoliers en uniformes. Les dix condamnés ont été exécutés immédiatement après le verdict, selon les médias chinois.

Mais c’est courant cette pratique du procès public en Chine ?

Non c’est plutôt rare, mais c’est une tendance qui revient. À Lufeng par exemple, ça n’est pas une première : en juin dernier, même stade, même mise en scène en plein air et en public. Huit condamnés sont partis à la mort. Et de tels procès publics avaient déjà eu lieu en 2015 et 2014. L’objectif, c’est de faire un exemple dans la lutte que mène l’état contre la drogue. Tout particulièrement aux alentours de cette ville où une énorme opération avait eu lieu il y a trois ans : 3000 policiers avaient investi un village voisin, arrêté près de 200 habitants, et avaient saisi trois tonnes de méthamphétamines. À l’époque, les autorités reprochaient à cette région de produire 1/3 des stocks chinois de cette drogue de synthèse.

Et donc, les crimes liés au trafic de drogue sont toujours passibles de mort en Chine ?

Oui le trafic de drogue et les crimes économiques aussi ! La Chine ne communique pas le nombre annuel des condamnations à mort, mais les observateurs des droits de l’homme estiment que c’est de l’ordre de plusieurs milliers par an. Ce serait le taux d’exécutions le plus élevé au monde. Quant au mot "prévenu", je doute qu’il existe même un mot chinois équivalent : puisque la justice chinoise a un taux de condamnation de 99,9%.

(ça laisse peu de chance d’en sortir libre…)

Deuxième histoire du jour, qui nous emmène cette fois en Angleterre, où un tueur de chats fait les gros titres : il aurait fait déjà 400 victimes !

Oui, un tueur en série de matous, qui aurait commencé à sévir dans le sud de Londres en 2014. Londres où on retrouve Anaïs Codoba. Bonsoir ! Sa dernière victime, ce week-end, a été retrouvée dans une petite ville du sud de l’Angleterre.

Oui, bonsoir. Effectivement Millie, un petit chat roux de trois ans a été retrouvé par ses maîtres, mort, couvert de blessures et à moitié décapité. Ils ont d’abord cru qu’il avait été victime d’un autre animal, mais quand le cadavre a été montré à une association de défense des animaux, il a été conclu de façon quasi certaine que c’était l’œuvre du serial-killer de chat. Le fondateur de cette association, Tony, passe tout son temps libre à enquêter sur ces crimes. C’est lui qui le premier, il y a deux ans, a été intrigué par plusieurs morts suspectes de chats. En examinant les blessures chez les vétérinaires, il constate alors que les cadavres sont souvent mutilés de la même manière. Certains  membres sont coupés avec une grande précision, ça peut être la queue ou les pattes, et souvent la tête. C’est en cartographiant les crimes que Tony a acquis la conviction qu’il s’agissait d’un serial-killer

Et le plus étonnant, c’est que depuis il est pris très au sérieux par les plus hautes autorités !

 Mais oui figurez-vous que Scotland Yard et l’agence nationale de lutte contre le crime enquêtent désormais officiellement ! Ils ont même dressé un portrait-robot du tueur, les enquêteurs sont frappés par ses talents de "dissecteur". Ils sont inquiets aussi car ils savent qu’il existe des  liens entre les serial-killers et des cas de violence contre des animaux. Leur crainte,  c’est que le tueur de chat passe à la vitesse supérieure et s’en prenne finalement aux humains et notamment aux femmes. Tout est mis en œuvre pour l’arrêter et l’organisation de défense des animaux PETA offre même une récompense de 6000 euros à quiconque permettrait de le retrouver.

Merci Anaïs Cordoba, vous nous parliez depuis Londres

En Côte d’Ivoire, une fin de premier trimestre agité pour certains élèves…

Dans le nord du pays en particulier, plusieurs établissements ont dû fermer leurs portes : ils étaient assiégés avec des pierres par des élèves ! Des lycéens qui revendiquent de partir plus tôt pour les vacances de Noël, ils veulent trois semaines. Certains disent qu’ils sont fatigués, d’autres qu’ils habitent loin, il leur faut plusieurs jours de voyage pour rentrer dans leurs familles. Bref : les meneurs, qui étaient parfois violents, ont été arrêtés en fin de semaine dernière. Du coup les parents ont assaillis le commissariat et ça a fini aux lacrymo pour sécuriser les lieux. En fin de semaine, le conseil des ministres s’est même exprimé pour demander que les fauteurs de trouble soient punis. 

Aux États-Unis, le Pentagone, c’est-à-dire le ministère de la Défense, reconnait avoir enquêté sur les OVNI pendant 5 ans !

Voilà, on ne parle pas des théoriciens du complot mais bien l’État américain, qui reconnait avoir mené un programme secret de 2007 à 2012, pour "identifier les menaces aérospatiales avancées". En clair, enquêter sur les objets volants non-identifiés. Budget non négligeable tout de même : l’équivalent de 18 millions et demi d’euros par an ! Le Pentagone promet que c’est terminé, mais le New-York Times, à l’origine de ces révélations, affirme que la quête d’OVNI continue.