Le projectionniste du festival de Cannes

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Les Français sont formidables est une chronique de l'émission Europe matin
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Eric Falcon participe à son dernier Festival de Cannes après 34 ans comme chef projectionniste au Palais des Festivals.

Il s'appelle Eric Falcon et c'est son dernier Festival de Cannes après 34 ans comme chef projectionniste au Palais des Festivals.

 Avec lui, c'est un peu la mémoire du Festival de Cannes qui partira à la retraite à la fin de cette 70e édition. On pourrait imaginer qu'à l'approche de son départ, il régale les journalistes d'anecdotes croustillantes, accoudé au bar du Martinez en reluquant les starlettes avec nostalgie. Au contraire, Eric Falcon évoque sa carrière de projectionniste avec modestie et prend sa retraite avec une grande satisfaction, les gens vont arrêter de l'appeler 100 fois par jour pour avoir des invitations. 

Il a gardé les pieds sur terre ?

Complètement, c'est la seule personne actuellement à Cannes qui n'est pas prête à vendre un rein pour se faire interviewer. Et ça, ça fait du bien !

Quand le moindre jeune premier en compétition est intarissable sur la "magie du cinéma" alors qu'il n'a jamais vu un film en noir & blanc, Eric Falcon s'est contenté de projeter des milliers de chefs d'œuvre en côtoyant leurs auteurs en toute simplicité.

Ça ne l'empêche pas d'avoir des souvenirs marquants, comme la première mondiale d'Il était une fois en Amérique avec Sergio Leone à ses côtés dans sa cabine pendant les trois heures de la projection. On imagine la pression sur les épaules d'Eric, une ambiance digne de la Cité de la Peur, le film des Nuls où les projectionnistes du festival de Cannes se font assassiner toutes les 10 minutes. Encore une fois c'était tout le contraire, Sergio Leone s'était montré très cool et plein de gentillesse pour son projectionniste. Comme le symbole d'une époque où le cinéma se prenait peut-être moins au sérieux.

Ce n'est plus la même ambiance ?

Maintenant que les films sont numérisés sur disque dur, il est de toute façon temps pour notre projectionniste grisonnant de raccrocher ses bobines argentiques.

Mais pendant cette semaine où la Croisette n'est que flashs, cocktails et soirées, sa rafraîchissante simplicité rappelle à tous les festivaliers une règle de base : arrêtez votre cinéma, et vous verrez plus de films.