Le goûter menacé

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Les Français sont formidables est une chronique de l'émission Europe matin
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Les Anglais ont le Prince Harry, le Prince William, alors que les Français ne reconnaissent qu'un seul Prince, et c'est le Roi du goûter.

Et le dernier mot avec Louise Ekland.

Le goûter serait en miettes ! C'est ce que révèle une étude du Credoc, le centre de recherche qui scrute nos modes et conditions de vie. La crise financière a fait chuter le nombre de goûteurs français, qui sont encore aujourd'hui moins nombreux qu'en 2008. Pourtant le goûter est à la France ce que la famille royale est au Royaume-Uni : une partie intégrante de notre identité. Les Anglais ont le Prince Harry, le Prince William, alors que les Français ne reconnaissent qu'un seul Prince, et c'est le Roi du Goûter.

Mais est-ce que les Anglais goûtent ?

Absolument pas, pour une raison simple : les jeunes britanniques dînent à 18h00. Ils ont moins longtemps à tenir jusqu'au dîner. Alors que priver un enfant français de son goûter, c'est quasiment le déchoir de sa nationalité, un vrai drame ! Parce que tout dans le rituel du goûter est en effet 100% français, jusqu'à ce sens si particulier de la ponctualité : le "4 heures" se mange en effet à 4 heures et demie. 30 minutes de retard qui préparent les petits Français à devenir des adultes plein de patience !
De la maternelle au lycée, écrivons fièrement la devise de notre République : Liberté, Egalité, Goûter !

Il y a pas que les enfants qui goûtent !

Les grands y sont aussi très attachés. D'après l'étude du Credoc, le goûter évoque un bon souvenir d'enfance pour un Français sur deux. Les adultes sont sans doute nostalgiques de l'époque où le pain au chocolat coûtait 15 centimes et continuent de goûter même sur leur lieu de travail : le "4-heures" vient couper en deux l'après-midi de travail, comme une barre d'enfance glissée entre deux tranches horaires. 

C'est une Madeleine de Proust.

Le goûter français est à la fois bon pour notre santé et pour notre mémoire nationale. Sans lui,il y aurait de quoi être dégouté. Mais je ne suis pas inquiète : le nombre de goûteurs remonte doucement, preuve de notre attachement à ce symbole de notre art de vivre qui rassemble toutes les générations de Français autour d'un casse-croûte sucré. Adepte du petit Beurre ou vieux choco BN, grâce au goûter, on reste tous de grands écoliers !

Merci Louise Ekland.