Les fonctionnaires partent à la retraite en même que les salariés du privé et le prix Nobel de la paix

SAISON 2016 - 2017
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Axel de Tarlé, Sophie Larmoyer et Géraldine Woessner font le point sur l'actualité du jour.

Voilà qui tord le cou aux idées reçues : la plupart des fonctionnaires partent à la retraite, en même temps - voire plus tard - que les salariés du privé ! C'est le constat implacable de la Cour des Comptes.

C'est surprenant. Public et privé partent quasiment en même temps. Et même, si vous prenez les fonctionnaires qui travaillent dans les collectivités locales, ou dans les hôpitaux, ils partent plus tard : 62 ans et 10 mois. Contre 62 ans et 4 mois dans le privé. C'est le résultat des réformes successives. 

Donc, il n'y a plus d'inégalité en matière d'age de départ ?

Il reste une catégorie toujours très avantagée , ce sont les fonctionnaires dit actifs - ceux qui bougent : la police, les pompiers, les gardiens de prison, les aides soignant, ceux dont le travail est plus pénible. Ils partent 4 ans ou même 5 ans plus tôt, ce qui est source d'inéquité. La pénibilité, il y en a aussi dans le privé. Mais, globalement, les inégalités d'âge se résolvent. Restent les inégalités de pensions, ce qu'on touche à le retraite. Et là, attention, les inégalités vont s’accroître, nous dit la Cour des Comptes. En effet le calcul est beaucoup plus avantageux pour les fonctionnaires. On calcule leur retraite en se basant sur les 6 derniers mois, quand le salaire est au top. Alors que dans le privé, c'est sur les 25 meilleures années.

Mais, vous savez ce qu'on dit : les primes (qui peuvent être importantes pour les fonctionnaires) ne sont pas prises en compte dans le calcul de leur retraite.

Oui, mais, les fonctionnaires ne cotisent pas sur ces primes. Donc, c'est normal qu'ils ne touchent pas de retraite sur ces primes. Pas de cotisation, pas de pension. D'ailleurs, là aussi, la Cour des comptes recommande d'harmoniser un peu les règles et de tenir compte du revenu global des fonctionnaires. En fait, il y a un double objectif. D'abord, l'équité. Il n'y a pas deux catégories de Français, le public d'un côté, le privé de l'autre. Et puis les économies. La retraite des fonctionnaires coûte de plus en plus cher : 58 milliards d'euros l'an dernier. Une somme qui a quasiment quadruplé en 25 ans.

On saura aujourd'hui à qui est décerné le prestigieux prix Nobel de la Paix. Et comme chaque année, les pronostics vont bon train même si, soyons clairs, personne ne sait rien !

Non, on sait juste qu’ils étaient 376 candidats au départ (un record). Pour le reste c’est le secret absolu. L’année dernière, par exemple, personne n’avait pensé aux Tunisiens du dialogue national, qui est devenu lauréat.

Mais alors qui sont les plus souvent cités ?

On parle beaucoup, par exemple, des « Casques Blancs », en Syrie, ces secouristes bénévoles qui se précipitent où tombent les bombes pour essayer de sortir des rescapés des décombres. Ils sont environ 3000 dans le pays et font un travail extraordinaire. 142 d’entre eux sont morts en portant secours aux civils depuis le début de la guerre en 2011. Ils estiment avoir sauvé 60 000 personnes. L’organisation existe depuis 3 ans et il y a une grosse mobilisation en leur faveur, avec une pétition en ligne et 130 organisations qui soutiennent cette candidature.

Issue de la même région, on évoque une jeune irakienne de 23 ans, Nadia Mourad. 

Elle fait partie de la communauté yézédie, persécutée par l’Etat Islamique. Elle-même a été détenue et traitée comme esclave sexuelle pendant 3 ans. Elle est déterminée, avec son avocate Amal Clooney, à traîner les djihadistes devant les tribunaux.

Par ailleurs, on le sait, il n’y a jamais eu autant de personnes réfugiées sur Terre, poussées loin de chez elles. Parmi ceux qui s’en préoccupent il y aurait des « nobélisables » ?

Très souvent cités, on retrouve « les insulaires grecs », les habitants de ces îles de Lesbos, Leros, Chios et autres qui ont porté secours aux milliers de migrants qui débarquaient sur leurs côtes. Ce sont des pêcheurs qui se sont fait sauveteurs, des gens qui ont fait à manger, qui ont accueilli… Donc une communauté de citoyens grecs.

Et puis une femme est souvent citée aussi : la Russe Svetlana Gannouchkina. Depuis la fin des années 1980 elle se bat pour le droit des migrants et des minorités dans son pays, notamment les Tchétchènes.

Des outsiders ?

La Colombie et la guérilla des Farcs qui faisaient figure de favoris grâce à leur Accord de paix historique, avant que le peuple ne le retoque dans les urnes il y a quelques jours. Et puis un gag : Donald Trump, dont on dit qu’il aurait été proposé pour le Nobel de la paix. Mais je me demande si ça n’est pas un petit peu de l’intox, une stratégie de campagne…

Les parieurs ont encore pas mal d’autres noms dans leurs besaces…

Oui, par exemple le congolais Denis Mukwege, ce médecin qui « répare » les femmes victimes de viol et dénonce le viol comme « arme de guerre ». Ou encore dans un autre genre Edward Snowden, le lanceur d’alerte.

Vous êtes incollables sur le prix Nobel de la paix ? Tentez de répondre au quiz d'Europe 1, à partir de 4"27 dans la vidéo.

Marie-Noëlle Lienemann dans le scanner du "Vrai Faux de l’info".

La candidate à la primaire socialiste, s'est indignée que certains, dans l’opposition, veuillent forcer les allocataires du RSA à des heures de bénévolat. "Je rappelle qu’il y a 40% des gens qui ont droit au RSA, qui ne le demandent pas (…) donc cette idée qu’il y aurait une oisiveté générale, que les gens s’installeraient dans l’assistanat est une erreur", a-t-elle déclaré sur France 3.

40% des gens qui ont droit au RSA ne le demandent pas. C’est vrai ou c’est faux ?

Eh bien, je ne le sais pas… et Madame Lienemann ne le sait pas non plus car le chiffre qu’elle avance est tellement daté qu’il n’a plus de valeur. Il vient d’une enquête réalisée par l’Insee et le ministère de l’emploi peu après la création du RSA, 1 an après en 2010, une enquête conduite par téléphone auprès de 15 000 foyers, pour mesurer en gros l’efficacité du dispositif. On s’est alors aperçu que 36% des gens, c’est vrai, qui auraient pu bénéficier du RSA socle, l’ancien RMI, ne le demandaient pas. Mais à l’époque de l’enquête, il y a bientôt 7 ans,  1 million de foyers touchaient ce RSA, ils sont aujourd’hui 60% de plus, 1,8 million. Combien restent réellement en dehors du dispositif, impossible le savoir, l’enquête n’a jamais été actualisée.

Et c’est ahurissant, parce que ce chiffre sert de base à toutes les politiques engagées depuis lors pour améliorer l’accès aux droits des plus démunis. Rappelez-vous ce plan de lutte contre la pauvreté lancé en 2013 par Jean-Marc Ayrault : les préfets devaient mettre en place un pilotage pour suivre les évolution. Dans les faits, c’est resté lettre morte. Des études, on en a bien financé, mais plutôt pour mesurer la fraude.

Donc on reste aveugles, pour des questions de budget ?

Et cela dit quelque chose sur la volonté réelle de lutter contre la pauvreté. Les réformes ont touché des gens plus insérés, on a fusionné le RSA activité avec la prime pour l’emploi par exemple, pour encourager le retour au travail. Cela marche, mais qui sont ceux qui restent en dehors du système, qui n’ont vraiment rien ? Quelles sont leurs ressources ? Est-ce que ce sont des travailleurs pauvres, des gens qui se débrouillent, jeunes, vieux ? On ne sait pas ! Et quand on ne sait pas, c’est la porte ouverte à tous les fantasmes, sur l’oisiveté, sur l’assistanat, comme le dénonce Marie-Noëlle Lienemann.

C’est surtout l’impuissance...

Evidemment. On s’est aperçu par exemple, dans le Nord, le seul département qui a recoupé les fichiers, que 45% de bénéficiaires du RSA socle n’était même pas inscrits à Pôle emploi, organisme qui aide ces personnes. Il doit y avoir quelque part quelque chose cloche et il serait intéressant de savoir quoi.

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