Le luxe français à l’assaut des classes moyennes et la Chine étouffe sous la pollution : les experts d'Europe 1 vous informent

SAISON 2016 - 2017
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Axel de Tarlé, Géraldine Woessner et Sophie Larmoyer font le point sur l'actualité du jour.

Axel de Tarlé, expert économie

Inquiétude sur le marché du luxe, un secteur où la France est leader mondial avec notamment LVMH.
Les Chinois et surtout les jeunes se détournent du luxe selon ce que montrent plusieurs études réalisées récemment par différentes banques.

Les géants du luxe ont un problème en Chine, les Chinois sont devenus les premiers acheteurs au monde d'article de luxe, c’est un marché stratégique là-bas.
Mais voilà, aujourd'hui, tous les riches chinois sont suréquipés et donc, les groupes de luxe doivent être capables de s'adresser, non plus au plus fortunés, mais à la classe moyenne chinoise qui rêve, elle aussi, de luxe à l'européenne mais qui n'en a pas forcément les moyens.
Donc, la difficulté pour ces groupes de luxe, c'est d'avoir une "offre produit" moins cher, tout en restant élitiste, exclusif.

Que faire ? Que proposer ? Vendre des accessoires ou des parfums ?

Exactement, Bingo, Vuitton vient de lancer une gamme de parfum.
Une façon de s'offrir le rêve Vuitton pour 200 euros, alors que pour un sac, il faut débourser plusieurs milliers d'euros.
Ça c'est le premier problème mais il y a un autre problème majeur pour les géants du Luxe, pointé dans ces études, ce sont les jeunes.

Les jeunes s'intéressent moins au luxe ?

Exactement, et là, on ne parle pas des Chinois, mais de la jeunesse occidentale qui est moins dans l'avoir ou dans le fait d'accumuler des biens mais, plus dans le désir d'expérience. Les voyages, les vacances ou le bien-être plutôt que le paraitre.

Et là, c'est beaucoup plus problématique pour les géants du luxe qui doivent repenser leurs offres et proposer par exemple des articles pour la maison, plutôt que le dernier sac à la mode.


Sophie Larmoyer, experte internationale

La Chine tousse ! Un nuage de pollution recouvre un dixième du pays et pas moins de 40 villes ont décrété une alerte pollution dont une vingtaine, dans le nord du pays, sont carrément en "alerte rouge" et c’est rare !

C’est seulement la 2e fois depuis que le système d’alerte a été mis en place en 2013. Pas de secret : l’hiver, les centrales à charbon tournent à plein… et le brouillard s’installe, envahit littéralement les villes… Ce phénomène est si courant et dense qu’il a même un nom en Chine : "airpocalypse".

Imaginez : la visibilité est tellement réduite, qu’à certains endroit les autoroutes ont été fermées et des centaines de vols annulés.

Et dans toutes ces villes, les hôpitaux soignent des affections respiratoires.

Selon l’ambassade américaine à Pékin, dont les mesures quotidiennes font référence, le niveau de particules fines aujourd’hui dépasse 400 par mètre cube d’air. 400 c’est 16 fois plus que les normes recommandées par l’OMS.

La Chine a donc mis en place un système d’alerte qui prévoit quoi en cas de pic comme ça ?

Il y a une échelle de quatre couleurs, mais l’alerte rouge prévoit : la fermeture des écoles, la circulation alternée systématique qui est en place depuis vendredi dans toutes ces villes. Par ailleurs, on retire des routes 30% des véhicules officiels. Les usines polluantes et des chantiers sont arrêtés : là, par exemple, Pékin a ordonné à 1.200 usines de la région de réduire ou d'arrêter totalement leur production.

Et puis les habitants, c’est terrible mais ils ont l’habitude : le matin ils regardent sur les applications de leurs smartphones quels sont les niveaux de particules fines toxiques et ils s’adaptent, ils portent des masques, ont équipé leurs logements de purificateurs d’air et parfois ils restent chez eux.

Le responsable, donc, c’est le charbon ?

Ah oui ! L’économie, gloutonne, dépend encore du charbon pour plus de 60%. Donc les Chinois n’en ont pas fini avec les brouillards toxiques dus à la combustion de charbon dont une chercheuse de Pékin a évalué qu’elle était responsable de la mort de 366.000 Chinois chaque année.


Géraldine Woessner pour le Vrai faux de l'info

Le Vrai-Faux de l’Info avec l’exaspération de Jean-Claude Mailly.

Le secrétaire général de Force Ouvrière est indigné que le gouvernement ait renoncé à un coup de pouce au Smic, le premier janvier. La hausse de 11 euros, 0,9%, ne sera que mécanique. 

Jean-Claude Mailly : "Vous savez le dernier coup de pouce il remonte à 2006. Cela fait 10 ans qu'il n'y a pas de coup de pouce au Smic"

Cela fait 10 ans qu’il n’y a pas eu de coup de pouce au SMIC, c’est vrai ou c’est faux ?

C’est faux. Jean-Claude Mailly oublie le coup de pouce de 2012, juste après l’élection de Francois Hollande. En juillet cette année-là, le Smic a augmenté de 2%, soit 0,6 point de pourcentage de plus que la hausse automatique. L’an dernier, il a progressé un tout petit peu plus que prévu, puisque le gouvernement a choisi dans son calcul légal, de ne pas tenir compte de l’évolution négative des prix. Cela dit, hormis cette exception en 2012, aucun gouvernement n’a bougé depuis 10 ans. Le dernier coup de pouce vraiment volontariste remonte au gouvernement de Dominique de Villepin, à plus 5,5%, c’était en 2006.

Donc François Hollande a mené la même politique, sur le salaire minimum, que Nicolas Sarkozy ?

Dans les faits, peut-être, mais pas pour les mêmes raisons, c’est ce qui est intéressant. 

Nicolas Sarkozy était contre la hausse, parce qu’elle coûte cher aux entreprises qui ont beaucoup de main d’oeuvre, donc pénalise l’embauche, et qu’elle contribue à geler les salaires plus élevés, et c’est vrai que l’éventail des salaires s’est tassé, en tous cas, jusqu’en 2006. 

Mais depuis, c’est ce que notent les experts qui conseillent Bercy sur le sujet, l’écart entre les salariés au Smic et les autres s’est stabilisé. En gros, aucun ne progresse beaucoup, et si Francois Hollande a renoncé à d’autres revalorisations, c’est pour d’autres raisons et notamment une économie encore fragile. On ne veut pas pénaliser les entreprises au moment où elles restaurent tout juste leurs marges, c’est un coût à craindre pour les finances publiques. L’OFCE a calculé qu’une augmentation d’1% du SMIC, coûte en fait autant à l’État qu’aux entreprises. Pourquoi ? Parce que quand vous augmentez le salaire minimum, les salaires juste au-dessus, 1,7, 1,9 smic, changent alors de ratio, ils deviennent 1,6 smic et sont donc éligibles à des baisses de charges. En gros, une hausse de 1%, c’est six euros en plus en moyenne sur la fiche de paie, mais 700 millions d’allègements de charges.

Qui pèsent sur le budget ?

Sans pour autant bouleverser la vie des salariés. Pour lutter contre la pauvreté, la prime d’activité, parce qu’elle touche plus de monde et vraiment les bas salaires comme les smic à temps partiel par exemple, est plus chère pour les finances publiques mais plus efficace.

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