La gabegie de l’impôt en Corse et la trêve en Syrie : les experts d'Europe 1 vous informent

SAISON 2016 - 2017
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Axel de Tarlé, Géraldine Woessner et Sophie Larmoyer font le point sur l'actualité du jour.

Axel de Tarlé, expert économie

La Cour des Comptes dénonce les privilèges fiscaux des Corses. L'Île bénéficie d'exemptions bicentenaires "sans base juridique".

Que ce soit, sur les vins et les cigarettes, il y a une exception corse puisqu’aucune TVA n’est prélevée sur le vin produit en Corse. De même pour le paquet de cigarette qui est moins taxé avec le prix du paquet à cinq euros contre sept euros sur le continent.
Le problème, c’est que l’on bafoue le principe de l'égalité devant l'impôt.

Oui, mais la Corse est une île, donc, il faut compenser le coût d'acheminement.

Sur l'essence, ça se justifie mais, sur les cigarettes ? Et puis, cela alimente les trafics.
Par exemple, en Corse, les camions ne payent pas de taxe à l'essieu. Du coup, on a vu se développer un petit trafic. Les transporteurs routier venaient exprès en Corse, pour faire immatriculer leurs camions et éviter ainsi la taxe avant de rouler ensuite sur le continent.
Depuis 2011, ce privilège de la taxe à l'essieu a été réservé, exclusivement, aux camions qui roulent en Corse.

Mais la Cour des Comptes demande justement la fin de ces privilèges, qui n'ont pas de fondement juridique.
Et puis, elle recommande également une meilleure pratique pour la levée de l'impôt car la Corse est l'une des régions de France les plus mal classées pour le recouvrement de l'impôt sur le revenu.

Il y a néanmoins eu des progrès. Par exemple, jusqu'en 2012, il n’y avait pas de droit de succession. C’est désormais fini même s’il reste toujours une ristourne de 50% qui doit théoriquement disparaitre d’ici 2018.



Sophie Larmoyer, experte international

En Syrie, la trêve entrée en vigueur hier en fin de journée "pourrait être la dernière chance de sauver la pays", selon le secrétaire d’État américain, John Kerry. Les arme se sont tues, et c’est globalement calme.

Oui à part quelques roquettes tirées dans le sud juste après le début de la trêve à 19 heures locales, le cessez-le feu semble avoir été respecté pour cette première nuit.
On se souvient que la dernière trêve, fin février, avait volé en éclat, les aviations syrienne et russe ayant immédiatement violé le cessez-le-feu.
Mais cette fois, les Russes et les Américains se sont accordés, non sans mal.
Ils se sont mis d’accord sur les groupes djihadistes qui sont exclus de la trêve : le groupe État islamique et le groupe Fatah al-Cham.

Mais surtout, ce qui est complètement inédit, c’est la collaboration militaire prévue entre Russes et Américains. Avec un "centre de mise en œuvre" conjoint, qui sera installé à Genève. Pour, dans un premier temps, partager leurs informations sur les cibles potentielles à bombarder, les cibles djihadistes.
Cette collaboration commencera dans une semaine, si la trêve tient.

Sauf que sur le terrain, les groupes opposés à Bachar el Assad sont extrêmement imbriqués, notamment avec les djihadistes qui seront visés.

C’est vrai, dans plusieurs zones, ils sont alliés contre le régime. C’est pourquoi John Kerry a demandé aux rebelles dits modérés, de se désolidariser des djihadistes sur le terrain, pour ne pas être la cible des futures frappes. Pas sûr du tout que les opposants au régime aient envie de prendre ce risque. Hier soir ils disaient leur "refus" que leurs alliés du Front Fatah al-Cham, qui tiennent tête militairement à Damas, soient bombardés.
Les positions sont très fragiles.

Russes et Américains ont multiplié les rendez-vous depuis mi-juillet. L’Onu réclame une trêve humanitaire depuis le début de l’été. Pourquoi cet accord, même bancal, a-t-il été possible maintenant ?

Parce que maintenant, les Russes et les Américains ont intérêt que ça marche.
Les Russes ont réussi à revenir sur le devant de la scène, aujourd’hui partenaires incontournables d’une solution. C’est ce que voulait Poutine. Et puis vous aurez remarqué qu’ils ont attendus que Damas reprenne le dessus sur les rebelles, à Alep, ce qui est le cas depuis la semaine dernière, pour conclure avec les Américains.
Quant aux Américains justement, l’équipe d’Obama est en fin de mandat et mieux vaut arriver à l’Assemblée générale des Nations-Unies, la semaine prochaine à New-York, avec un début de plan pour la Syrie.
L’objectif affiché, c’est que cette trêve soit une marche vers la reprise de discussions politiques en vue d’une paix en Syrie. Vu le nombre d’acteurs impliqués, leurs divergences profondes, la méfiance affichée et les incertitudes de l’accord de trêve, il n’y a pas grand-chose qui permette d’être optimiste.



Géraldine Woessner pour le Vrai faux de l'info

Ce matin ce sont les propos du patron de la CGT, Philippe Martinez, que Géraldine Woessner passe au crible.

Le patron de la CGT très remonté hier, contre Emmanuel Macron qu’il accuse d’avoir laissé tomber Alstom, quelques semaines avant l’annonce de la fermeture du site de Belfort.
Le ministre démissionnaire de l’Économie est accusé d’avoir laissé tomber l’entreprise, quelques semaines avant l’annonce de la fermeture du site de Belfort.

Les cars Macron ont tué Alstom, c’est vrai ou c’est faux ?

C’est faux, et cette affirmation n’a même aucun sens quand on regarde les chiffres : les cars Macron, c’est quoi ? 1.100 liaisons ouvertes depuis leur lancement en août dernier, 3,4 millions de voyageurs transportés jusqu’au mois de juin, ce sont les derniers chiffres dont on dispose. Selon l’autorité de régulation des autorités ferroviaires, 45% de ces nouvelles lignes en autocar doublent une ligne de train existante. Donc la majorité ne font concurrence à personne.
Et puis, il faut voir les flux dont on parle : le car, ça reste une paille au regard des masses que transporte le rail. Un exemple : dans le top trois des lignes les plus fréquentées par les cars Macron, le trajet Paris-Lyon, accrochez-vous, 94.000 passagers transportés sur onze mois, et c’est un must. Les trains sur ce même parcours transportent 40 millions de passagers par an donc on ne peut pas dire que les cars aient rongé des parts de marché au point de freiner les commandes de train et de heurter Alstom.

Mais on n’est qu’au début du processus. Est-ce que cela pourrait changer ?

C’est possible, mais cela prendra des années et il y a des garde-fous. Pour les lignes de moins de 100 kilomètres, par exemple, qui pourraient concurrencer les TER, l’autorité de régulation peut donner son aval. Et selon la fédération nationale des transports de voyageurs, aucune ligne de train n’a été fermée pour l’instant à cause des autocars. Cela n’empêche pas les craintes de s’installer. En Europe du nord, les cars ont capté 20% du marché ferroviaire, mais on en est très loin, aucune compagnie n’est rentable pour l’instant et les opérateurs du rail ont le temps de s’adapter, ils le font déjà d’ailleurs. Le leader des transports en autocar aujourd’hui c’est Ouibus, une filiale de la SNCF.

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