Hausse des dépenses militaires mondiales et révolte citoyenne en Pologne : les Experts d’Europe 1 vous informent

SAISON 2016 - 2017
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Axel de Tarlé, Géraldine Woessner et Sophie Larmoyer font le point sur l'actualité du jour.

Axel de Tarlé, expert économie

Les dépenses militaires continuent d'augmenter dans le monde. Quels sont les pays qui dépensent le plus pour leur Armée ?

Le magazine Le Point a obtenu en avant première, le palmarès des budgets militaires dans le monde. Il montre d'abord l'archi-domination des Américains qui dépensent plus de 600 milliards de dollars pour leur Armée. Trois fois plus que le n°2, la Chine, avec près de 200 milliards. Sauf que les Américains veulent dépenser moins. A l’inverse, les Chinois veulent dépenser plus. Ils veulent devenir les maîtres du Pacifique. On estime que le budget militaire chinois aura doublé d'ici 10 ans. Donc, vous voyez, on s'oriente vers un face à face militaire Chine/États-Unis.

Et la Russie ? C'est quand un même un pays très actif, sur le plan militaire, en Syrie notamment !

La Russie est loin derrière, avec un budget d'environ 50 milliards. Mais, ça représente déja un effort de guerre considérable pour le pays. D'autant que la Russie est confrontée à la chute des cours du pétrole. Sur le plan militaire, la Russie, est plutôt en phase descendante. D'ailleurs, l'année prochaine, le budget militaire de la Russie sera derrière celui de la France.

La France va dépenser plus que la Russie en 2017 ?

Oui, il y a deux pays européens dans le Top 10 : le Royaume Uni et la France. Environ 50 milliards de dollars chacun. Des poids moyens. Sauf que là, aussi, si nous parvenions à nous unir, surtout, à un moment, où - on le sait - les Américains veulent se désengager militairement des affaires du monde, l'Europe constituerait une super-puissance militaire, devant la Chine. C'est la fameuse Europe de la défense, dont on parle depuis des années, mais qu'on a tant de mal à faire.

Sophie Larmoyer, experte international

Il y a comme un vent de révolte, en Pologne.

Un peu plus d’un an après l’arrivée des Conservateurs au pouvoir, les Polonais ont prévu de descendre dans les rues aujourd’hui, à l’appel de l’opposition, et même de Lech Walesa l’ancien leader de Solidarnosc, quel symbole ! La date est symbolique aussi. Car le 13 décembre 1981, la loi martiale venait d’être instaurée par le général Jaruselski et 6.500 opposants au régime communiste, notamment des activistes de Solidarnosc, étaient placés dans des camps d’internement. 35 ans après, plus de 80 manifestations sont prévues aujourd’hui en Pologne et à l’étranger mais cette fois il s’agit de s’opposer aux projets du gouvernement de la droite conservatrice, accusé de restreindre les libertés fondamentales des citoyens.

Quelles sont les doléances ?

Elles sont multiples. En arrivant au pouvoir en octobre 2015, le parti Droit et Justice s’est d’abord attaqué aux institutions, en particulier au Tribunal constitutionnel, qu’il s’est appliqué à paralyser. Puis il s’en est pris aux juges, aux médias publics aussi. Et depuis cet automne, c’est plutôt la société qu’il entend réformer à sa manière. On se souvient, en octobre, il avait été question d’interdire l’IVG et de criminaliser les femmes qui y avaient recours. En novembre, c’était les ONG qui étaient dans le viseur du gouvernement. La semaine dernière, la ministre de la famille annonçait que la Pologne voulait retirer sa signature d’une Convention du Conseil de l’Europe qui vise à protéger les femmes victimes de violences (le mot "genre" y est employé, donc ça ne leur va plus). Enfin dernier exemple : le Parlement vient de voter des limitations au droit à manifester à proximité de rassemblements officiels.

Ça fait quelques bonnes raisons de descendre dans la rue, effectivement…

Ce qui est intéressant, c’est que la dérive autoritaire du pouvoir a réveillé la société civile en Pologne. Un "Comité pour la Défense de la Démocratie"  s’est créé depuis un an : on l’appelle le KOD, c’est le plus grand mouvement citoyen depuis Solidarnosc. Une nouvelle culture de la protestation émerge. Et l’Europe veille également : demain après-midi, pour la troisième fois en moins d’un an, le Parlement européen débattra de l’État de droit et de la démocratie en Pologne.

Enfin, le Vrai-Faux de l’Info, avec vous, Géraldine Woessner, et la fibre agricole de Michèle Alliot-Marie.

La candidate à l’élection présidentielle veut défendre un secteur qu’elle connaît bien, dit-elle, l’agriculture : une force de la France. "L’agro-alimentaire est une défense de la France. Puisque nous sommes le premier ou le second exportateur en agroalimentaire", affirme-t-elle.

Nous sommes le premier ou le second exportateur en agroalimentaire. C’est vrai ou c’est faux ?

C’est faux. La France en réalité, est à la sixième place et cela fait des années que nous sommes tombés du podium. Deuxième exportateur en 95, puis les Pays-Bas, l'Allemagne nous ont dépassés. Ont suivi le Brésil, la Chine l’an dernier. Notre part de marché n’a cessé de se réduire : elle était de 8,3% en 2000 au niveau mondial, inférieure à 5% aujourd’hui. Une baisse qui s’observe aussi en Europe, notre premier marché. Même si la france reste, dans l’Union, le premier producteur de produits agro-alimentaires. Ce qui est logique : c'est aussi nous qui avons le plus de terres agricoles.

Sixième exportateur mondial, deuxième européen. La France reste quand même une puissance agricole.

Oui, on exporte plus qu’on n'importe : l'excédent commercial a dépassé 9 milliards en 2015. Mais cet excédent, se réduit cette année selon les dernières données du gouvernement. Le marché des cosmétiques, il y a deux ans, a dépassé celui de l’agriculture. En clair, le déclin est lent, mais il est réel. Et ce sont souvent des niches, les alcools, les vins qui tirent ce marché, les céréales dans une moindre mesure. Les produits laitiers se maintiennent, mais les autres secteurs sont en difficulté. Le solde de la balance commerciale s’est réduit de 30% déjà depuis le début de l’année.

En même temps il y a eu une récolte terrible, la crise des prix du lait…

C'est vrai mais l'agriculture souffre aussi de problème structurels, et c’est ce que soulignait le conseil d’analyse économique l'an dernier : trop de petites structures, un coût du travail élevé par rapport à nos concurrents, un manque d’innovation frappant dans certains secteurs. Pendant que les exportations de la France ont stagné, celles de l’Allemagne ont cru deux fois plus vite et d’autres pays en Europe, l’Espagne, les Pays-bas, ont maintenu, eux, leurs parts de marché.

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