Bolloré-Berlusconi, la guerre des tycoons et au Venezuela, Maduro envoie l’armée imposer des soldes dans certaines boutiques : les experts d'Europe 1 vous informent

SAISON 2016 - 2017
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Axel de Tarlé, Géraldine Woessner et Sophie Larmoyer font le point sur l'actualité du jour.

Axel de Tarlé, expert économie

Vincent Bolloré se lance dans une bataille contre l'Empire de Silvio Berlusconi en Italie. Il veut devenir le maître de la télévision dans toute l'Europe du Sud.

Berlusconi est le numéro un de la télé en Italie avec 34 % d'audience et il en va de même pour l’Espagne.
Mais, son empire est affaibli financièrement. En Bourse, MediaSet, pèse quatre milliards contre 24 Milliards pour Vivendi.

Le Français part donc à l'assaut. En deux jours, il est déjà monté à 12% de Mediaset avec un premier objectif à 20%.
Un coup de force qui évidement sidère le camp Berlusconi en Italie, mais aussi toute la presse qui dénonce des méthodes de pirate.

Pourquoi "attaquer" Silvio Berlusconi ? Ce n'est pas la meilleure façon de bâtir un projet !

En fait, les deux groupes sont en contentieux depuis l'été dernier, sur la chaine à péage italienne de Berlusconi que Vincent Bolloré voulait racheter, avant de revenir sur sa parole car elle perd trop d'argent.
Les Italiens ont porté l'affaire devant les tribunaux.
D'où cette réponse musclée de Vincent Bolloré "Vous m'attaquez en justice. je vous rachète !"

Quelle est la suite maintenant ? Vincent Bolloré va réellement racheter MédiaSet, le groupe de Berlusconi ?

Il y a deux solutions. Soit les Italiens capitulent, retirent toute leurs plaintes et se plient aux conditions du Français.
Ou alors oui, Vincent Bolloré va jusqu'au bout, prend le contrôle de Media-Set pour créer un groupe audiovisuel en Europe du Sud, avec Canal Plus en France et toutes les Chaines de Berlusconi en Italie et en Espagne.

Sur le plan stratégique, c'est parfait.
Maintenant, c'est vrai, que la méthode Bolloré, très musclée, peut choquer et faire fuir les talents.


Sophie Larmoyer, experte international

On se tourne vers le Venezuela, dont on sait qu’il subit une crise économique terrible. Mais c’est Noël avant l’heure à Caracas avec des soldes importantes, qui ont été imposées par le Président. Des soldes obligatoires ?

Voilà, c’est un concept ! Vous imaginez : un militaire qui débarque dans une boutique de vêtements, qui sort une petite affiche "moins 30%", qui la colle puis surveille l’entrée pour réguler l’entrée des clients, évidemment très contents.

Eh bien c’est ce qui se passe depuis le début du mois dans plus de 200 magasins. Merci Président ! Nicolas Maduro voulait remonter le moral des Vénézuéliens et reprendre quelques points dans les sondages, ce qui n’est pas du luxe. Il avait déjà fait le coup des soldes obligatoires par le passé, il sait que ça plait.

Les commerçants, on ne leur a pas demandé leur avis ?

Ah non. Le gouvernement leur reproche de gonfler leurs prix pour augmenter leurs marges. Il y a même une entreprise qui s’est vue confisquer près de quatre millions de jouets pour être vendus à des tarifs subventionnés : le gouvernement affirme qu’ils surfacturaient à 34.000%.

Mais est-ce que c’est vrai ? Ils s’arrangent avec les prix les commerçants ?

Pas dans ces proportions évidemment, ça n’a pas de sens. Ils prennent sans doute une petite marge, pour eux aussi c’est la crise. Les Vénézuéliens manquent de tout, il faut prendre la mesure de la situation désastreuse de l’économie, qui ne tenait que sur ses ventes de pétrole. La réalité c’est que le pays détient le record mondial d’inflation, il est là le problème. Environ 500% cette année et d’après le FMI, elle pourrait dépasser les 1600% l’an prochain. Donc la planche à billet a beau fonctionner à plein, le pays  manque de liquidités.

En plus, ça ne va pas simplifier la vie des Vénézuéliens, à partir d’aujourd’hui les billets de 100 bolivars, qui sont les plus grosses coupures, ne sont plus valables ?

Non ils sont retirés de la circulation pour mettre hors-jeu des mafias qui feraient leurs trafics en billets de 100 bolivars depuis la Colombie, c’est ce que dit le président. Donc à partir de demain, nouvelles pièces et nouveaux billets de 500 à 20.000 bolivars.

 Ah oui, des gros billets, on passe de 100 à 20.000 !

Oui mais avec 100 bolivars, vous ne pouviez acheter qu’un bonbon, c'est l'équivalent en dollar de 15 cents.


Géraldine Woessner pour le Vrai faux de l'info

Le Vrai-Faux de l’Info avec Pierre Larrouturou.

Le fondateur de Nouvelle Donne ne décolère pas d’avoir été exclu de la primaire de la gauche. Le PS refuse le débat alors que la France s’effondre dit-il. Lui a pourtant des solutions comme la semaine de quatre jours ou mettre le paquet sur le logement.

Pierre Larrouturou : "On est le pays d'Europe où les loyers sont les plus chers".

La France est le pays d’Europe où les loyers sont les plus chers, vraiment ?

C’est faux, selon les données que nous a transmises le temple de la statistique en Europe, Eurostat : en 2015, le loyer moyen en France atteignait 709 euros. C’est effectivement au-dessus de la moyenne européenne, à 615 euros, mais très en-dessous de pays qui sont vraiment plus chers comme la Grande-Bretagne à 860 euros soit 20% de plus, ou encore le Danemark à 740. Le loyer allemand n’est pas si éloigné, il atteint 693 euros. 

Mais attention, on parle là en valeur, et les différences de salaire, de charges sur le logement, les aides qu’on peut toucher, ne sont pas pris en compte.

Et si on les intègre ? 

On s’aperçoit que les Français sont pas si mal lotis. Ils consacrent en moyenne 22,6% de leurs revenus aux dépenses de loyer, comme les Allemands, et beaucoup moins que les Norvégiens, les Grecs, les Espagnols, ou les Finlandais où le loyer avale plus de 30% des revenus. 

Et la situation des plus pauvres est encore plus critique : les Grecs et les Islandais, qui vivent sous le seuil de pauvreté, dépensent pour se loger plus de la moitié de leurs revenus, ce qui est loin d’être le cas en France, où le parc social, est deux fois plus important: la dépense pour les plus modeste est contenue à 31%.

En même temps on parle de moyennes. On sait qu’à Paris, les loyers sont très haut.

C’est vrai. Alors, ils n’atteignent pas ceux de Londres, 40% plus élevés, ni ceux du Luxembourg, mais tout de même les disparités en France sont énormes. Parce que le parc est saturé, très centralisé, on manque de logements et pas seulement sociaux, pour satisfaire la demande. 

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