Un PS moribond ne serait pas une bonne nouvelle pour la droite ?

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L'édito politique d'Yves Thréard est une chronique de l'émission Europe matin
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Chaque matin, Yves Thréard nous livre son analyse politique à quelques semaines de l'élection présidentielle.

Un PS moribond ne serait pas une bonne nouvelle pour la droite ?

Bien sûr que non, car cela ne signifie pas qu’il n’y a plus d’électeurs socialistes.
Et puis le PS français, traditionnellement beaucoup plus à gauche que beaucoup de partis socio-démocrates européens, moins ouvert aussi au réalisme économique, c’était l’assurance pour la droite de pouvoir compter sur le soutien d’une grande majorité de centristes.
La débandade du PS, qui a longtemps été le point d’équilibre de la gauche française, risque fort d’ébranler non seulement l’ensemble du paysage politique national, mais aussi la droite qui pourrait voir ainsi son champ électoral se rétrécir.
Son champ s’est déjà rétréci avec la quasi disparition de l’autre grand parti de la gauche française, le PC, qui a favorisé le développement du Front national, ce qui n’est pas le moindre des paradoxes.
La disparition du PS fondé par Mitterrand en 1971, que le spectacle de la primaire ne peut qu’accélérer, est donc un souci pour la droite. Et Fillon, le premier, pourrait en faire les frais.

Pourquoi ?

D’abord parce que des électeurs socialistes ont été tellement dégoûtés par les promesses non tenues de Hollande qu’ils ont franchi le Rubicon et sont prêts à exprimer leur colère en votant non pas Fillon ou Mélenchon, mais carrément Marine Le Pen.
Ensuite parce que la disparition du vieux PS, on le constate aujourd’hui avec Macron, autorise la naissance d’un nouveau mouvement, moins à gauche, moins dogmatique, plus pragmatique, plus compatible avec l’exercice du pouvoir. Macron va peut-être réussir à incarner cette gauche moderne que le PS a toujours refusé d’épouser.
Un mouvement qui peut séduire nombre d’électeurs de droite et surtout du centre qui ne se reconnaissent pas forcément dans un discours de droite intransigeant, comme celui de Fillon.

Fillon a donc tout à redouter de Macron.

Les sondages le montrent : si le second tour de la présidentielle semble inaccessible au PS, il n’est pas hors de portée pour Macron.
Or, dans une finale Macron-Fillon, l’avantage pourrait aller à Macron.