Quel avenir pour cette droite qui veut rester conservatrice ?

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L'édito politique d'Yves Thréard est une chronique de l'émission Europe matin
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Alors que la droite reste persuadée qu'on lui a volé la présidentielle, Yves Thréard nous livre son analyse politique.

Quel avenir pour cette droite qui veut rester conservatrice ?

Elle reste persuadée qu’on lui a volé l’élection présidentielle. Elle a soutenu à fond Fillon jusqu’au bout. Elle refuse de pactiser, de près ou de loin, avec Macron. Elle est méfiante vis-à-vis de l’Europe. Et elle affiche son conservatisme sur toutes les questions de société : ordre, famille et traditions.
Au sein du parti Les Républicains, cette droite-là n’entend pas mourir. Elle est même prête à quitter le navire pour se construire un avenir. Cette droite-là, c’est celle des purs et durs de la Manif pour tous, anti mariage gay, et elle est notamment incarnée par le mouvement Sens commun, qui compte 10000 membres, quelques élus locaux et présente six candidats sous l’étiquette Les Républicains aux législatives.

Et son chef pourrait devenir Laurent Wauquiez.

Est-ce plus par opportunisme que par conviction puisque Wauquiez avait naguère la fibre démocrate-chrétienne ? En tous les cas, le jeune président de la région Auvergne-Rhône-Alpes pense que c’est sur cet axe-là qu’il faut refonder une vraie droite, pour lui donner une identité claire. Dans ce but, Wauquiez participera au meeting de rentrée de Sens commun, fin septembre, à Asnières.
A l’intérieur des Républicains, tout le monde n’est pas d’accord, jugeant cette orientation trop réactionnaire. Certains, comme le nouveau ministre Darmanin, la qualifie de « clanique » et se sont rapprochés de Macron. D’autres laissent passer les législatives avant de se déterminer.
Une chose est sûre : les Républicains ne resteront pas unis.
Wauquiez gagnera-t-il la guerre des chefs ? En coulisses, Sarkozy estime qu’il est le meilleur, le plus apte, le plus intelligent.

Marion Maréchal Le Pen avait dit qu’elle se verrait bien aussi travailler avec Wauquiez.

C’était il y a trois semaines, au moment de son retrait temporaire de la vie politique. "On pourrait avoir des choses à se dire et à faire ensemble", disait-elle. Tout est possible car si une implosion des Républicains est probable, le FN n’est pas à l’abri d’une révolution interne. Or, les plus conservateurs des Républicains et les identitaires du FN ont en commun beaucoup d’idées. Mais, entre Wauquiez et Marion Maréchal Le Pen, il y a en aurait sans doute un de trop.