Que cache l’affrontement Hollande-Valls ?

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L'édito politique d'Yves Thréard est une chronique de l'émission Europe 1 bonjour
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Même s'il a peu de chance d'être élu, Manuel Valls souhaite se présenter à la primaire de la gauche pour devenir l'homme fort du parti et ne pas laisser la place à Arnaud Montebourg.

Yves Thréard nous explique ce que cache l’affrontement Hollande–Valls.
 
Ils ont déjeuné ensemble hier et c’était, nous dit-on, cordial. Admettons… On attend le prochain accès de fièvre.
Si Valls se montre aussi pressant et offensif pour participer à la primaire de la gauche en janvier, c’est bien sûr parce qu’il pense qu’il ferait mieux que Hollande.
Mais sa tactique est une tactique à trois bandes que l’on peut résumer ainsi.
Un : je me présente à la place de Hollande.
Deux : je bats Montebourg à la primaire.
Trois : même si je perds la présidentielle, j’ai la main sur le PS et je suis l’homme fort de la gauche pour 2022.
C’est le match Valls–Montebourg qui se joue actuellement. Valls ne veut pas se laisser distancer par Montebourg qui, s’il bat Hollande à la primaire, gagnerait en légitimité.
 
C’est l’éternelle guerre des deux gauches en vue de 2022 ?
 
La gauche social-libérale avec Valls contre la gauche souverainiste avec Montebourg.
Valls le pragmatique autoritaire contre Montebourg l’avocat des laissés-pour-compte de la mondialisation.
La défaite à la présidentielle étant quasiment actée, c’est la prise du PS pour l’après 2017, l’après Hollande qui est au cœur de la bataille. Hollande mis hors-jeu en janvier ou en mai, l’avenir appartiendra à l’un des deux quinquagénaires pour une refondation du PS à sa main.
 
Mais il y a aussi Emmanuel Macron…
 
Macron, c’est le troisième larron. Il n’est pas au PS, mais rêve que le parti explose pour récupérer une partie de ses troupes. Il a tout à gagner de cette zizanie.
C’est pourquoi, il est sorti du bois ce week-end. Pour demander, comme Montebourg, la démission de Valls. Pour le pousser à la faute, le faire passer pour un traître.
Macron et Montebourg n’ont pas de mots assez durs pour l’affaiblir.
Derrière Hollande, c’est entre Valls, Montebourg et Macron que se joue l’avenir de la gauche de gouvernement.