Pour Bayrou, c’est maintenant ou jamais !

  • A
  • A
L'édito politique d'Yves Thréard est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
Partagez sur :

Chaque matin, Yves Thréard nous livre son analyse politique à quelques semaines de l'élection présidentielle.

Pour Bayrou, c’est maintenant ou jamais !

Comme nous l’avions laissé entendre à ce micro le 14 février, Bayrou pourrait se déclarer candidat à la présidentielle demain, à Paris. Il a tellement réfléchi à cette candidature qu’on l’a beaucoup moins vu dans les rues de sa ville de Pau ces derniers jours.
La présidentielle, c’est le combat de sa vie, et il affirmait récemment : "Je n’ai jamais été aussi mûr pour cette élection".
À 65 ans, ce serait donc pour lui la quatrième tentative. Celle de trop ?
Ce serait bien mal connaître François Bayrou que de le penser. Et si, au contraire, pour lui, la présidentielle de 2017 était l’occasion à ne pas rater.

Qu’est-ce qui pourrait expliquer sa motivation ?

Bayrou a toujours cru en sa bonne étoile et il n’est pas loin de penser, en secret, qu’il y a actuellement un alignement des planètes qui pourrait lui être favorable.
Certes, il navigue dans les basses eaux des sondages, autour de 5% des intentions de vote. Mais, cette présidentielle est beaucoup plus incertaine que les 3 précédentes dont on voyait déjà se profiler le ou les favoris à cette date, et il n’était pas dedans. Cette année, pour Bayrou, il y donc peut-être un coup à jouer.
Son calcul est que Fillon, lesté par son affaire et son programme radical, pourrait avoir beaucoup de mal et que l’inexpérimenté Macron finisse par s’écrouler. Cela lui laisserait, à lui Bayrou, un espace au premier tour.
Autre calcul : c’est sûr, Marine Le Pen sera au second tour, mais elle est beaucoup plus facile à battre que n’importe qui d’autre.
Bref Bayrou, se verrait bien en recours dans les deux tours.

Et qu’est-ce qui pourrait le faire renoncer ?

Il pourrait se dire que ce n’est pas le moment d’ajouter de la confusion à la confusion. Mais est-ce son problème puisqu’il rejette en bloc le programme de Fillon, n’a pas confiance en Macron et que la présence de Marine Le Pen au second tour est quasi assurée ? En tous les cas, s’il y va, Bayrou ne peut plus attendre car il doit partir à la chasse aux 500 parrainages qui se termine le 17 mars.