Mélenchon, l’hologramme qui ne décolle pas

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L'édito politique d'Yves Thréard est une chronique de l'émission Europe matin
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Chaque matin, Yves Thréard nous livre son analyse politique à quelques semaines de l'élection présidentielle.

Mélenchon, l’hologramme qui ne décolle pas.

Il avait pourtant trouvé l’astuce pour faire parler de lui en tenant un meeting simultané à Lyon et à Paris, grâce à un hologramme. Prouesse technique qui a fait le tour du monde. Ah il ne ménage pas sa peine Mélenchon pour faire une campagne moderne, lui le chantre de la communication YouTube.
Eh bien, ça patine ! Alors qu’en mars 2012, il doublait Marine Le Pen et François Bayrou dans les sondages et devenait le troisième homme, cinq ans plus tard, il est encalminé à la 5e place, loin derrière Le Pen, Macron et Fillon.
Il n’arrive pas à dépasser le très terne Benoît Hamon, même s’il lui chatouille les talons, lui qui n’a pourtant qu’un rêve : ridiculiser le PS, son ancien parti.

Qu’est-ce qui ne marche pas dans sa campagne ?

La décomposition du PS devrait le servir. Or elle profite bien plus à Macron.
En fait, le programme de Mélenchon est flou.
Où se situe l’irascible champion de la France insoumise ?
Certes, il est pour une politique de la relance en injectant 273 milliards d’euros dans l’économie. Mais sur le reste ? Impossible de savoir s’il est pour ou contre l’Europe, pour ou contre l’Euro. Sur l’immigration et l’accueil des travailleurs détachés, il est aussi très ambigu. Sur l’engagement de la Russie en Syrie et en Ukraine, sur ses rapports avec les communistes, son ambivalence est totale.
Résultat : les électeurs n’y comprennent plus rien.

Il organise une grande marche à Paris le 18 mars, peut-elle le relancer ?

C’est un peu tard. Et puis on ne sort de l’ambiguïté qu’à son détriment. Sur nombre de sujets, la confusion s’est emparée de Mélenchon depuis qu’il a compris que c’est d’abord Marine Le Pen qui captait le vote populaire, même celui de gauche. Elle parle plus clair et sans fausse pudeur. Donc c’est normal, Mélenchon patauge quand Marine Le Pen s’envole.