Mélenchon joue avec le feu !

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L'édito politique d'Yves Thréard est une chronique de l'émission Europe matin
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Chaque matin, Yves Thréard nous livre son analyse politique à quelques jours de la passation de pouvoir entre François Hollande et Emmanuel Macron.

Mélenchon joue avec le feu !

On le sait, il a mauvais caractère, il est très autoritaire et aime jouer personnel.
Mais après son beau score de la présidentielle (près de 20% des voix), on pensait que Mélenchon irait à l’assaut des législatives sabre au clair, dans l’espoir de remporter une trentaine de circonscriptions avec la France insoumise.
Soit le triple des dix sièges du Front de gauche de l’Assemblée sortante. Mélenchon est arrivé en tête à Lille, Marseille, Montpellier, Toulouse, en Seine-Saint-Denis, en Dordogne et dans plusieurs départements. Ce n’est pas mal.
Et pourtant, Mélenchon a enclenché la machine à perdre.

Pourquoi ne fait-il pas fructifier sa dynamique à la présidentielle ?

Parce que, gonflé d’orgueil, il refuse tout accord avec les communistes principalement pour des histoires d’argent, avec les écologistes (qu’il ignore superbement), et avec la gauche du PS de Benoît Hamon dont il exige d’abord qu’ils quittent le PS. "Qui est Benoît Hamon ?", répète-t-il avec dédain.
Il n’y aura donc pas d’alliance Rose-Vert-Rouge. Sauf exceptions, tous partiront aux législatives en ordre dispersé, et en grande partie à cause de lui.
Le leader de la France insoumise n’est prêt à aucune concession, c’est lui le chef, il est le champion de la soumission.
À l’arrivée, le parti de Mélenchon, sans alliés, risque fort de ne pas peser bien lourd au Palais Bourbon. Et lui-même n’est pas sûr de gagner la 4e circonscription de Marseille où il devrait se présenter, cinq ans après son lourd échec à Hénin-Beaumont, face à Marine Le Pen.

C’est à se demander ce que veut Jean-Luc Mélenchon.

Faire du bruit et briller sur les estrades. Comparaison n’est pas raison, mais comme Jean-Marie Le Pen, Mélenchon ne semble pas vouloir le pouvoir. Près du but, il détruit tout ce qu’il a construit. C’est autant un démolisseur qu’un bâtisseur. Sujet de psychanalyse intéressant qui pourrait finir par lasser ses électeurs.