Macron met le cap sur les élections sénatoriales

  • A
  • A
Voir la vidéo sur Dailymotion
L'édito politique d'Yves Thréard est une chronique de l'émission Europe matin
Partagez sur :

Après la large victoire d'Emmanuel Macron à la présidentielle puis aux législatives, Yves Thréard nous livre son analyse politique.

Macron met le cap sur les élections sénatoriales.
 
Si l’appétit vient en mangeant, le pouvoir rend toujours plus gourmand.
Donc si Macron dispose de la majorité absolue à l’Assemblée nationale, il a bien aussi l’intention qu’une « force structure son action », dit-il, au Sénat.
Cela tombe bien, la moitié de la Haute Assemblée, 170 des 348 sénateurs doivent être renouvelés lors des élections du 24 septembre prochain. Et la bagarre s’annonce intense.
On aurait pu penser la mission délicate pour le jeune chef de l’État. A cause du mode de scrutin notamment : seuls les grands électeurs, c’est-à-dire les députés, conseillers régionaux, départementaux et surtout les conseillers municipaux, qui représentent 95% d’entre eux, ont le droit de voter. Or le parti de Macron étant tout récent, peu de ces grands électeurs semblaient lui être acquis. Et puis, au Sénat, on aime les traditions et on n’aime pas les oukases.
Et pourtant, des surprises sont à prévoir.

Macron pourrait gagner la majorité au Sénat aussi ?

C’est peu probable. Mais il y a de fortes chances pour qu’un groupe se constitue en sa faveur. Au Sénat, ce sont minimum dix élus. Nombre de grands électeurs se détournent de la droite, actuellement majoritaire au Palais du Luxembourg, et du PS, pour rejoindre La République en marche. Et puis une quarantaine de sénateurs ne se représentent pas.
En coulisses, les socialistes Gérard Collomb et François Patriat, qui sont très proches de Macron et connaissent bien la Haute Assemblée, jouent de leur influence. Pareil à droite, où Jean-Pierre Raffarin téléphone à tous ses amis qu’il pense "macron compatibles" pour les persuader qu’il y a un coup à jouer. Le premier élu de droite à avoir rallié Macron pendant la campagne était d’ailleurs le sénateur Jean-Baptiste Lemoyne, aujourd’hui ministre.
Les grandes manœuvres sont lancées et le groupe Les Républicains, dirigé par le très filloniste Bruno Retailleau, comme celui du PS, vont avoir bien du mal à retenir leurs ouailles.

Pourtant Macron n’a pas besoin du Sénat pour gouverner ?

Oui, c’est toujours l’Assemblée nationale qui a le dernier mot. Mais symboliquement, pouvoir compter sur un soutien au Sénat est important. Et puis, pour les réformes constitutionnelles, la voix d’un sénateur compte autant que celle d’un député.