Macron a ringardisé Valls, Peillon et Montebourg

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L'édito politique d'Yves Thréard est une chronique de l'émission Europe matin
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Selon Yves Thréard, les candidats à la primaire du parti socialiste n'ont aucune proposition forte et ont perdu leurs idéaux d'il y a dix ou vingt ans.

Valls, Peillon et Montebourg ont pris un sérieux coup de vieux…

Quand on relit ce qu’ils disaient il y a moins de dix ans, tous trois pleins d’enthousiasme et d’énergie, on se demande si on a affaire aux mêmes hommes. Valls voulait débaptiser le PS, jeter les 35 heures aux orties. Peillon, en 2009, voulait moderniser le PS pour que les socialistes ne soient pas – je cite – "les derniers sectaires et dogmatiques". Quant à Montebourg, il battait les estrades pour que "les murs tombent". Les quadras sont devenus quinquagénaires et ils ne cassent plus la baraque, leur campagne respective pour la primaire du PS est d’un ennui à mourir. La course au meilleur rassembleur est engagée, mais pour rassembler qui dans un parti moribond, tiraillé de toutes parts, abîmé par l’exercice du pouvoir ?

Le vainqueur de cette primaire ne sera pas le champion de la gauche à la présidentielle ?

Emmanuel Macron leur a donné un sacré coup de vieux, les a ringardisés. C’est ce jeune homme de 38 ans qui fait aujourd’hui la course en tête à gauche dans les sondages et remplit les salles, comme samedi à Paris. Macron a osé ce qu’ils n’ont jamais eu le courage de faire : larguer les amarres, voler de leurs propres ailes, surtout Valls et Montebourg. Résultat : ils ont perdu des plumes et sont devenus les exécuteurs testamentaires du parti dans une primaire qui ressemble à un congrès du PS. La campagne de chacun est insipide, sans proposition forte. Valls veut rassembler alors qu’il n’a cessé de dire qu’il y avait deux gauches irréconciliables. Montebourg est inaudible, Mélenchon lui fait de l’ombre. Et Peillon, en avocat du quinquennat raté de Hollande, frise le ridicule.

N’ont-ils pas chacun l’ambition de mettre la main sur le PS pour jouer l’après-2017 ?

Sans aucun doute, mais rien ne dit que le PS résistera à l’épreuve de la présidentielle. Cette élection pourrait lui être fatale.