L’Europe est un casse-tête pour les candidats à la présidentielle

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L'édito politique d'Yves Thréard est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
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Chaque matin, Yves Thréard nous livre son analyse politique à quelques semaines de l'élection présidentielle.

Selon Yves Thréard, l’Europe est un casse-tête pour les candidats à la présidentielle.

Et comment, c’est un sujet hautement inflammable depuis le "non" des Français au référendum de 2005 sur le projet de constitution européenne.
On sent bien d’ailleurs que les candidats ne sont pas du tout à l’aise sur la question.
Surtout avec l’arrivée de Trump aux États-Unis qui ne parle que de protectionnisme, de relocalisation, de barrières douanières. Sujets qui sont aussi très à la mode chez nous.
Trump vient de déclarer que l’Union européenne était vouée à l’échec, que le Brexit serait un "succès" et que d’autres pays suivraient le Royaume Uni sur cette voie. Au lieu de provoquer un réflexe d’orgueil chez les Français, ses propos vont plutôt conforter dans leur rejet les europhobes et eurosceptiques de tous poils qui accusent l’Union européenne de tous nos problèmes.
Et la crise des migrants n’arrange rien. En leur ouvrant les portes de l’Allemagne, Merkel a commis une "erreur catastrophique" pour Trump. Beaucoup de Français pensent comme lui.

Que disent précisément les candidats sur l’Europe ?

Sans parler des socialistes, il n’y a que Macron pour dire, comme à Lille samedi : "Nous avons besoin de l’Europe", elle est la solution, pas le problème. Mais il reste dans l’incantation.
Fillon plaide pour le rétablissement des contrôles aux frontières dans l’espace Schengen. Samedi, il a souligné que l’Allemagne devait aussi prendre sa part du fardeau dans le combat contre le djihadisme que la France finance seule. Le 23 janvier, il rencontrera Merkel. Si c’est pour faire "ami-ami", pas sûr que ce soit un atout : Merkel a perdu de sa superbe en France avec la crise des migrants.
Mélenchon est prudent, beaucoup moins pro-européen qu’avant. Il agite la concurrence déloyale des travailleurs détachés de l’Est. Quant à Marine Le Pen, qui a bâti son succès contre l’Europe, elle veut laisser la parole aux Français par un référendum pour ou contre. Comme si elle redoutait de prendre seule le risque d’une sortie.

Les électeurs peuvent-ils se déterminer en fonction du sujet européen ?

Par ricochet. Si le débat se concentre sur l’immigration, la sécurité et la désindustrialisation, les plus pro européens vont souffrir. L’Europe, c’est le système, et on verra par exemple comment Macron, qui se dit anti système mais très pro-européen, peut se sortir du piège que lui tendront ses adversaires sur cette contradiction.