Les Républicains cherchent la bonne droite

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L'édito politique d'Yves Thréard est une chronique de l'émission Europe matin
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Chaque matin, Yves Thréard nous livre son analyse politique à quelques jours de la passation de pouvoir entre François Hollande et Emmanuel Macron.

Les Républicains cherchent la bonne droite.

Mis KO par l’élimination de Fillon, déstabilisé par la victoire d’un jeune président qui se dit "et droite et de gauche", le parti Les Républicains doit relever un triple défi s’il veut survivre.
Premier défi : ne pas apparaître ringard et vieillot en vitrine, à l’heure où plein de nouveaux visages apparaissent dans le paysage politique derrière Macron. Cela tombe bien, 70% des candidats LR aux législatives sont nouveaux. La plupart sont des élus locaux et si la parité hommes-femmes n’est pas encore totale à droite, de sensibles progrès ont été faits : elles sont à peu près 40%.
Deuxième défi : trouver une ligne politique qui tienne la route sur le fond. Là, c’est beaucoup plus difficile. Jugé trop radical, le programme de Fillon a été jeté aux orties pour les législatives. Et dans l’urgence, ce sont les vieilles recettes de Sarkozy, pourtant écrasé à la primaire, qui sont recyclées, comme la défiscalisation des heures supplémentaires et la baisse de l’impôt sur le revenu. Pour l’instant, Les Républicains font du neuf avec du vieux.

Quel est le troisième défi ?

Préserver l’unité et la cohérence du parti. Ce qui ramène aux considérations de fond. Peut-être certaines têtes comme Le Maire partiront-elles chez Macron.
Mais au-delà, le débat en interne oppose deux lignes.
Il y a ceux qui, comme Wauquiez et Ciotti, veulent aller au combat contre Macron. Ils défendent une droite affirmée, décomplexée, libérale-conservatrice, qui n’entend pas se laisser dépasser par le Front national sur le front sécuritaire par exemple.
Et, en face, il y a ceux qui, comme Bertrand ou Woerth, veulent peser sans s’opposer à Macron. Ils défendent une droite plus sociale, qui s’adressent aux classes populaires. Xavier Bertrand déplore, par exemple, que seuls 6 à 8% des ouvriers votent pour Les Républicains.

Laquelle de ces deux lignes garantira l’unité du parti Les Républicains ?

Beaucoup dépendra du résultat des législatives conduites par François Baroin, qui fait la synthèse. Mais si ce résultat débouche sur un lourd échec, il n’est pas sûr que ces deux conceptions de la droite puissent continuer à vivre ensemble.