Les Français sont-ils les grands oubliés de cette présidentielle ?

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L'édito politique d'Yves Thréard est une chronique de l'émission Europe matin
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Chaque matin, Yves Thréard nous livre son analyse politique à quelques semaines de l'élection présidentielle.

Les Français sont-ils les grands oubliés de cette présidentielle ?

Oui, à 74 jours du premier tour d’une élection où se joue l’avenir des Français, de quoi parle-t-on ?
Du patrimoine de Fillon et des mystérieux salaires de sa famille ; des emplois supposés fictifs des collaborateurs de Marine Le Pen et du FN ; de rumeurs sur la vie cachée de Macron dont on cherche d’ailleurs le programme ; d’exclusion de députés dissidents au PS.
Dans un tout autre registre, il serait malhonnête d’oublier l’hologramme qui fait la grande fierté de Jean-Luc Mélenchon.
Bref, les candidats nous parlent d’eux, alors que les électeurs voudraient sûrement qu’ils leur parlent de leurs problèmes.
La faute aux médias ? Et bien voyons, ils ont toujours bon dos les médias, faciles boucs-émissaires des responsables politiques qui cachent ainsi leurs propres insuffisances.
Quand les politiques ont besoin d’eux, ils n’oublient jamais de les appeler, y compris pour des photos sur papier glacé…

Les sujets qui inquiètent les Français ne manquent pourtant pas…

Transition numérique et écologique, lutte contre le terrorisme, la délinquance, le chômage, l’échec scolaire, la désindustrialisation, la désertification des territoires, n’en jetez plus…
Les préoccupations sont multiples, certaines colères sont à vif, mais on cherche en vain les réponses sérieuses, les débats structurants, dignes d’une élection présidentielle.
A moins de trois mois du scrutin, ce fut toujours le cas par le passé.
En 2002, l’insécurité était au cœur de la campagne.
En 2007, c’était le fameux "travailler plus pour gagner plus" de Sarkozy.
En 2012, c’était la taxe à 75% sur les hauts revenus de Hollande et le bilan du président sortant.
Cette année, il n’y a pas de sujet central.

Ni président sortant ?

Effectivement, ceci expliquant cela. Le bilan du président sortant qui se représente sert généralement de base au débat. Mais, au-delà, il y a aussi une inadéquation de plus en plus grande entre le niveau de ceux qui concourent à la présidentielle et le niveau qu’exige la fonction suprême.