Les forts en gueule font leur entrée à l’Assemblée

  • A
  • A
Voir la vidéo sur Dailymotion
L'édito politique d'Yves Thréard est une chronique de l'émission Europe matin
Partagez sur :

Alors que l'on connait désormais le nom des nouveaux députés, Yves Thréard nous livre son analyse politique.

Les forts en gueule font leur entrée à l’Assemblée.

Elle est plus jeune, plus féminine, plus "société civile" cette nouvelle Assemblée, mais elle s’annonce aussi beaucoup plus bruyante, théâtre d’échanges très animés.
Aux deux extrémités de l’hémicycle, des grandes gueules arrivent et ne manqueront pas de donner de la voix. A gauche, Mélenchon et dans son sillage, François Ruffin, le réalisateur césarisé de "Merci Patron", Clémentine Autain, l’égérie du féminisme en colère, ou encore Alexis Corbière. A droite, Marine Le Pen, et derrière elle, Collard et quelques habitués de plateaux télé enfiévrés, comme Louis Aliot et Sébastien Chenu. Sans compter qu’avec leur statut d’acteurs de la présidentielle, Dupont Aignan et Lassalle, le pâtre béarnais, devraient s’en donner à cœur joie pour tenter d’exister. Le socialiste Julien Dray a souhaité, hier, "bien du plaisir au futur président de l’Assemblée".
 
Aux nouveaux visages et nouveaux usages promis par Macron va s’ajouter une nouvelle forme d’opposition ?

Oui, celle des bretteurs et des tribuns, comme aux grandes heures de la IIIème République. Mélenchon a annoncé la couleur : il entend rassembler tous ceux qui "veulent rentrer dans la lutte". Quant à Marine Le Pen, elle entend être la force de "résistance à la dilution de la France". Mélenchon disposera d’un groupe, donc la France insoumise aura davantage de temps pour s’exprimer que les huit députés FN.
Ces dernières années, les oppositions étaient plus techniques que rhétoriques, c’étaient souvent des querelles de gestionnaires entre droite et gauche, sans brio. Aujourd’hui, Les Républicains et le PS sont divisés, affaiblis, déboussolés face à la majorité de Macron. C’est donc des extrêmes, gauche et droite, pourquoi pas réunis par une même cause, que viendront les attaques les plus virulentes. Et, avec elles, ce pourrait être le retour à de vrais affrontements idéologiques, entre mondialistes, c’est-à-dire les macronistes, contre les antimondialistes, c’est-à-dire les extrêmes.

Avec quel impact et conséquences ?

Ces extrêmes n’auront que le pouvoir de la parole, pas celui de bloquer un texte ou de saisir, seul, le Conseil constitutionnel. L’impact sera d’abord médiatique, mais il pourrait donner le "la" de la contestation dans la rue. Surtout sur des textes aussi sensibles que la réforme du Code du travail ou celle des retraites.