Les folles promesses des candidats sur l'éducation

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L'édito politique d'Yves Thréard est une chronique de l'émission Europe matin
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L’Education nationale est un mammouth d’un million de salariés à reconstruire de fond en comble.

Le regard d'Yves Thréard. Bonjour Yves. Les folles promesses des candidats sur l’éducation

L’éducation, c’est vraiment le terrain de jeu sur lequel les candidats y vont de bon cœur. Comme ils savent qu’ils ne peuvent pas promettre monts et merveilles sur le chômage, alors sur l’école, ils mettent le paquet. Ils en font leur priorité, ainsi que le précisait hier Virginie Salmen dans son enquête, sur Europe 1.
Fillon veut restaurer l’uniforme - qui n’a jamais existé dans le public -, instaurer l’école à 5 ans et payer mieux les profs. Macron veut dédoubler les classes dans les ZEP, embaucher 7 000 enseignants. Hamon veut créer un service public d’aide aux devoirs et limiter à 25 le nombre d’élèves par classe. Mélenchon propose la scolarité obligatoire à 3 ans et d’embaucher 60 000 enseignants. C’est finalement Marine Le Pen la moins-disante, puisqu’elle veut faire payer l’école aux enfants d’étrangers.

Ce qu’ils promettent est-il réalisable ?

Ce sont, pour beaucoup, des promesses de Gascon car la France est endettée jusqu’au cou. Déjà, l’Education nationale est le premier budget de l’Etat avec 69 milliards d’euros, bon an mal an, hors retraites des enseignants.
Embaucher des profs supplémentaires ne sert à rien. Hollande en avait promis 60 000 de plus en 2012 et on ne peut pas dire que l’école aille mieux. Réduire le nombre des élèves par classe non plus est inefficace : les études le montrent.
En fait, ce n’est pas une question de moyens. L’Education nationale est un mammouth d’un million de salariés à reconstruire de fond en comble. Pour cela, il ne faut pas dépenser plus d’argent, il faut surtout libérer l’Education nationale de l’emprise des syndicats qui y font la pluie et le beau temps et donner beaucoup plus d’autonomie à chaque établissement.

Plus facile à dire qu’à faire…

Bien sûr, et d’ailleurs tous les ministres qui ont tenté de briser le tabou s’y sont cassés les dents. Les deux plaies de notre Education nationale sont le pédagogisme et l’immobilisme.