Les débats vont-ils faire reculer l’abstention ?

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L'édito politique d'Yves Thréard est une chronique de l'émission Europe matin
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Chaque matin, Yves Thréard nous livre son analyse politique à quelques semaines de l'élection présidentielle.

Les débats vont-ils faire reculer l’abstention ?

C’est presque un paradoxe. Jamais une présidentielle n’aura été aussi médiatisée depuis des mois et, pourtant, un niveau d’abstention record pourrait marquer le premier tour du 23 avril.
Selon certaines études, 30% des 45 millions d’électeurs pourraient ne pas se déplacer, ce serait 10% de plus qu’en 2012, 5 millions d’électeurs en moins à se prononcer !
Le débat d’hier soir peut-il les inciter à aller voter ? Pendant trois heures, le fond a pris le dessus sur les affaires qui polluaient la campagne depuis janvier. Ceux qui avaient l’impression que cette élection leur était volée ne pourront pas continuer à dire que l’échange d’idées n’a pas eu lieu. Sur les sujets de société, les questions économiques et les affaires internationales. Avec des échanges assez souvent vifs, sans que ça vire à la cacophonie, et non par une succession de monologues fastidieux.

La campagne a donc vraiment commencé ?

Oui, et personne ne peut nier que les problèmes quotidiens des Français n’ont pas été abordés. Et même avec une certaine hauteur de vue. Et, bien sûr, avec des visions différentes de la société. Vision de gauche avec Mélenchon et Hamon, protectionniste avec Le Pen, plus libérale avec Fillon et Macron.
Ce que retiendront aussi les Français, c’est la force de caractère, la détermination de chacun des cinq prétendants. Macron a été le plus offensif, comme un jeune homme qui veut affirmer son tempérament, montrer qu’il est responsable : il était au centre du plateau et il a été au centre de beaucoup d’interpellations. Fillon s’est réveillé sur l’économie. Mélenchon a été fidèle à son image tribunitienne, Hamon, moins en vue, et Le Pen s’est contenue.

Donc l’intérêt des Français devrait progresser ?

Une bonne audience ne fait pas une adhésion, tout comme la popularité ne fait pas les intentions de votes. Mais personne ne peut plus dire aujourd’hui que le débat d’idées est escamoté. On a plus parler de l’avenir que du passé. La politique en est sortie grandie.