Les débats, la dernière chance Fillon

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L'édito politique d'Yves Thréard est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
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Chaque matin, Yves Thréard nous livre son analyse politique à quelques semaines de l'élection présidentielle.

Les débats, la dernière chance Fillon.

C’est l’heure fatidique pour Fillon dont le compteur d’intentions de vote dans le sondage Kantar - Sofres que publie Le Figaro ce matin reste bloqué à 17%, comme début mars.
Le Pen est à 26 %, tout comme Macron, qui progresse.
Depuis fin janvier, Fillon a perdu 5 points, il est sur la pente glissante !
Alors autant dire que les trois débats, de ce soir, puis des 4 et 20 avril, sont décisifs pour lui.
L’objectif pour Fillon, c’est de monter par son calme et sa maîtrise des sujets, qu’il a la stature d’un homme d’État. Plus que tous les autres, et d’ailleurs lui a été premier ministre, c’est le plus capé, alors que Macron est très jeune et Le Pen inexpérimentée.
Il avait remporté les trois débats de la primaire, il veut donc réitérer l’exploit sauf qu’aujourd’hui, il est lesté par les affaires, mais je doute qu’elles occupent une grande place ce soir.

Les affaires le handicapent, mais il y a aussi son programme jugé trop "radical" ?

Effectivement, et c’est toute la différence d’avec la primaire.
Là, Fillon va s’adresser aux Français, et pas seulement aux électeurs de droite.
Le programme de Fillon est plutôt libéral sur le front économique et conservateur sur les questions de société.
Deux mots durs à porter en France. Même s’il a mis de l’eau dans son vin, la caricature est installée et difficile à battre en brèche. C’est en cela que la primaire était un piège et sans doute, on s’en apercevra, pas une bonne chose.
Mais le but de Fillon, c’est d’apparaître plus cohérent, plus solide, plus construit que Le Pen, dont le projet économique est ultra dépensier, et que Macron qu’il manquera pas de traiter d’héritier de Hollande : quand c’est flou, c’est qu’il y a un loup.

Ces débats peuvent-ils vraiment changer la donne ?

Fillon en est persuadé. C’est dans les 15 derniers jours de la campagne, répète-t-il, que se jouera la présidentielle. Et il a raison : un Français sur deux ne sait pas encore pour qui il va voter. Donc tout est possible.