L'Émission politique : Nicolas Sarkozy au tribunal populaire

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L'édito politique d'Yves Thréard est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
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Alors qu'il était attaqué de toutes parts hier soir dans l'Émission politique de France 2, Nicolas Sarkozy a assumé ses contradictions et a réussi à convaincre les sympathisans de droite.

Nicolas Sarkozy était l’invité de la nouvelle émission politique de France 2 hier soir. Pour Yves Thréard, c’était Sarkozy au tribunal populaire.

La défiance grandissante vis-à-vis de nos dirigeants a changé la nature du débat politique et nous avons tout à redouter de la campagne électorale qui s’ouvre si elle est à l’image de l’émission d’hier. Cette campagne va se transformer en vaste tribunal populaire, et ce ne sera guère constructif.
Les candidats ne seront plus dans l’exposé de leur vision de la France ou de leur projet d’avenir, mais dans la justification de leurs moindres faits et gestes, sommés d’avouer leurs moindres failles et obligés de se déshabiller au sens figuré, bien sûr.
Sans doute aussi est-ce le format de l’émission qui veut cela, où tel un boxeur, l’invité doit répondre séance tenante, coup pour coup et les yeux dans les yeux, à une dizaine d’interlocuteurs différents.
Outre une Léa Salamé très offensive, Sarkozy a eu affaire à un maire écologiste qui accueille des migrants, à un imam, à une enseignante antillaise, à un chef d’entreprise du FN et à des salariés soumis à des travaux pénibles.
Sont-ce là les vrais gens ?
On ne sait pas pour lui, mais le téléspectateur ne pouvait sortir de là que lessiver.

Sarkozy s’en est-il bien sorti ?

Plutôt bien, assumant ses contradictions et assénant des formules qui font mouche.
Mais Sarkozy ne peut pas être un invité comme un autre. Il est forcément suspect : c’est la première fois qu’un ancien président de la République tente de se représenter. C’est la première fois qu’un candidat est lesté de poursuites judiciaires que Nicolas Sarkozy prête le flanc à la caricature, qui a bien sûr un passif.
Enfin, quand il est attaqué, et ce fut le cas hier, il réplique en clivant, pas en noyant le poisson.
Sarkozy aujourd’hui, c’est un peu "accusé, levez-vous, répondez" et cela ne pouvait donc tourner qu’au dialogue de sourds.
La preuve par le sondage diffusé après l’émission, Sarkozy n’a convaincu que les sympathisants de droite mais, après tout, il n’a besoin que d’eux pour gagner la primaire. Il n’a d’ailleurs jamais prononcé le nom de ses concurrents.