Le double mensonge de la primaire PS

  • A
  • A
Voir la vidéo sur Dailymotion
L'édito politique d'Yves Thréard est une chronique de l'émission Europe matin
Partagez sur :

Chaque matin, Yves Thréard nous livre son analyse politique à quelques semaines de l'élection présidentielle.

Ce soir se tient le débat de l’entre-deux tours entre Hamon et Valls. Cette primaire du PS vire à un double mensonge pour Yves Thréard.

Un double mensonge pour un suicide collectif du PS.
Le premier, c’est bien sûr le soupçon de manipulation organisée pour gonfler la participation au premier tour afin d’éviter le ridicule. La meilleure preuve de cette entourloupe est qu’aucun des 7 candidats, aucun, n’a protesté. Sont-ils tous complices ? Ne cherchez pas ailleurs les raisons du rejet des partis politiques par les Français.
Le second mensonge, c’est de faire croire que, dimanche soir, Hamon et Valls peuvent se réconcilier, s’embrasser comme du bon pain et repartir bras dessus bras dessous. Cette primaire va encore un peu plus déchirer le PS, l’achever même !

Le soutien du perdant au vainqueur est pourtant l’engagement pris par les sept candidats au début de la primaire.

Valls perdant, comme c’est probable, soutenant Hamon ? Mais ce serait une farce. Qui pourrait croire ça ?
Ils ne sont d’accord sur rien. Le débat va le montrer. Hamon est écologiste, pas Valls, Hamon veut légaliser le cannabis, pas Valls, Hamon est pro immigration, pas Valls, Hamon est pour le salaire pour tous, pas Valls, etc., etc.
Hamon et Valls, ce sont deux conceptions de l’autorité, du pouvoir, de l’Europe radicalement différentes, deux philosophies aussi opposées que peuvent l’être celles de Mélenchon et Macron.
Valls ne peut pas se ranger derrière Hamon. La promesse du début de la primaire va voler en éclat. D’ailleurs, Valls a avoué hier qu’il attendait dimanche soir pour dire s’il soutiendrait Hamon, c’est dire…

Valls pourrait donc ne pas tenir sa parole ?

Valls est prisonnier. Ou il tient sa parole, et personne ne croira en la sincérité de son ralliement. Ou il ne la tient pas, et il aura piétiné sa promesse. Dans les deux cas, il y aura mensonge. Ce qui ne sera pas sans conséquence pour son avenir politique.