La société civile n’est pas un passeport de vertu

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L'édito politique d'Yves Thréard est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
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Alors qu'Emmanuel Macron entend "déprofessionnaliser" la politique, Yves Thréard nous livre son analyse politique.

La société civile n’est pas un passeport de vertu.

Société civile. Jamais l’expression n’a été autant à la mode. Et Macron n’y est pas pour rien. Pour présenter des candidats aux législatives en respectant sa promesse d’irriguer la politique de sang neuf, il a dû aller chercher des femmes et des hommes non encartés et sans expérience.
Société civile, c’est aussi la promesse de "déprofessionnaliser" la politique à l’heure du "Tous pourris", de la défiance grandissante de l’opinion vis-à-vis de parlementaires suspects de s’accrocher à leurs mandats pour profiter des avantages financiers et matériels qui vont avec.
Société civile, c’est enfin la promesse d’avoir des représentants, quels que soient leurs métiers d’origine, qui connaissent la vraie vie et ce qu’est la difficulté de boucler les fins de mois.
Cette vision quasi idyllique est pourtant en partie fausse et bien naïve comme le montre le parcours, loin d’être irréprochable, de certains nouveaux candidats aux scrutins des 11 et 18 juin.

Pouvez-vous nous donner des exemples ?

Ils ne manquent pas, plus ou moins graves certes, venant de tous les partis, mais surtout de chez Macron et Le Pen.
Ainsi, à La République en marche, cette candidate dans le Nord, condamnée à de la prison avec sursis pour usurpation de diplôme ; ou cet autre, en Seine-Saint-Denis, accusée d’avoir loué un logement insalubre au prix fort pendant cinq ans. Au Front national, la spécialité, ce sont des propos ignobles, condamnés ou condamnables, pour racisme ou négationnisme, qui montrent que la dédiabolisation n’est pas terminée, loin s’en faut.
Sans parler de ceux, toutes étiquettes confondues, dont on découvrira un jour, s’ils sont élus, qu’ils ont fraudé le fisc, violé le Code du travail ou volé dans un supermarché.

Une plus grande diversité sociale devrait tout de même sortir de la nouvelle assemblée ?

Il y aura sans doute beaucoup plus de chefs d’entreprise (dix aujourd’hui) et moins de fonctionnaires (175 dans l’Assemblée sortante). Mais la diversité n’a jamais été une garantie d’exemplarité.