La droite en grand danger !

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L'édito politique d'Yves Thréard est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
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À 48 heures du premier tour des élections législatives, Yves Thréard nous livre son analyse politique.

La droite en grand danger !

Et dire qu’il y a un mois, elle voulait imposer une cohabitation à Emmanuel Macron ! A la lumière du premier tour des législatives, elle en est bien incapable. Au mieux, Les Républicains avec leurs alliés de l’UDI devraient conserver 125 sièges, sur 226 dans l’Assemblée sortante. La droite va donc vivre un échec historique. Plus qu’en 1981, quand RPR et UDF avaient réussi à garder 158 sièges.
Dimanche dernier, le score de la droite était sensiblement le même que celui de Fillon au premier tour de la présidentielle. Cela veut dire qu’elle traverse une crise violente, profonde, qui n’est pas seulement due aux affaires de l’ancien candidat. Non seulement, la droite s’est peu à peu coupée des classes populaires, mais en plus, aujourd’hui, la bourgeoisie la snobe…

François Baroin, qui conduit la campagne des législatives, appelle pourtant à un sursaut dimanche.

Le seul sursaut - qui n’aura pas lieu car on vote moins au second tour - pourrait venir d’une levée en masse des abstentionnistes qui l’ont abandonnée dimanche dernier. Sur des terres traditionnellement de droite comme l’Aveyron ou la Haute-Savoie, mais aussi dans les beaux quartiers. La droite est en passe, par exemple, de perdre tous ses fiefs de l’ouest parisien au profit de la République en marche. Du jamais-vu.
Pour deux raisons : d’abord, ses électeurs ne voient plus Macron d’un mauvais œil, bien au contraire ; ensuite, ils entendent faire payer à la droite 15 ans d’immobilisme (depuis le second mandat de Chirac en 2002) et de guerre des chefs.

La droite est donc seule face à elle-même.

Parfois, elle ne pourra s’en sortir, ici ou là, que grâce aux voix du FN, autre grand perdant de ces législatives. C’est le cas d’Eric Ciotti, dans les Alpes-Maritimes. Pour le plus long terme, la droite, qui est à terre, a un avantage sur la gauche moribonde : elle peut encore s’appuyer sur un vaste réseau d’élus locaux. Il lui sera d’une grande utilité aux sénatoriales de septembre.