Hollande : le fossoyeur de cette primaire du PS

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L'édito politique d'Yves Thréard est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
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Chaque matin, Yves Thréard nous livre son analyse politique à quelques semaines de l'élection présidentielle.

Avant même l’ultime débat du premier tour, Yves Thréard prétend que Hollande a été le fossoyeur de cette primaire du PS.

Le coup de grâce a évidemment été le boycott du deuxième débat télévisé. M. le Président de la République était au théâtre. Comme pour signifier : "Chamaillez-vous bonnes gens, je m’en fous !". Le dédain le dispute au mépris, la vengeance à la méchanceté.
Hollande ne votera pas ce dimanche puisqu’il sera en Amérique du sud. Et on dit qu’il serait déjà en train de préparer son indisponibilité pour être aussi absent au second tour !
Cet homme n’a pas plus de respect pour son parti, qu’il traite comme une vieille chaussette, qu’il n’en a eu avec les Français qu’il a promenés pendant cinq ans, sur le chômage, la déchéance de nationalité et presque tous les sujets.
Ah ! ce n’est pas le même niveau qu’Obama qui, lui, avait soutenu Hillary Clinton, son ancienne rivale, jusqu’au bout de la primaire démocrate.

Comment expliquez-vous cette attitude ?

Tout glisse sur Hollande. Et comme tout glisse sur lui, tout lui échappe.
On le dit calculateur, c’est faux : il improvise tout, il n’anticipe rien.
Résultat : il croyait pouvoir enjamber la primaire pour filer à la présidentielle et il en a été empêché. Puis il pensait arriver comme une fleur à la primaire, et on l’a obligé à abdiquer.
Valls, Peillon, Montebourg, Hamon : tous ces ministres remuants, il imaginait pouvoir les dominer. Mais, par ses indécisions et ses lâchetés, il n’a pas su les gouverner, prévenir leurs désaccords, empêcher leurs rebellions. Il a donc fini par tous se les mettre à dos.
Aujourd’hui, Hollande est un homme vexé, blessé, humilié par son bilan humain et politique catastrophique, qu’il n’a même pas le courage de s’avouer et d’assumer pour sauver son parti qu’il envoie au casse-pipe. Hollande a tué le PS, mais il laisse aux autres - une génération qu’il a sacrifiée - la responsabilité d’enterrer le cadavre.

Une primaire donc en forme de cercueil ?

Vraisemblablement. L’avenir est sans doute ailleurs, dans une nouvelle gauche. Avec Macron ? Nul ne le sait. Mais si c’est lui, Macron réaliserait ce que Hollande aurait rêvé de réussir sans jamais le tenter, faute de volonté et de caractère. Et Hollande ne ferait que voler au secours du succès.