Hollande cherche sa place dans l’histoire

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L'édito politique d'Yves Thréard est une chronique de l'émission Europe matin
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Chaque matin, Yves Thréard nous livre son analyse politique à quelques semaines de l'élection présidentielle.

Et pendant ce temps-là, Hollande cherche sa place dans l’histoire.

Plus personne ne s’intéresse à lui ni ne l’écoute, mais il est encore bien là.
Ah, il est même à son affaire le président commentateur. Mais cette fois, ce n’est plus son action qu’il commente (on lui a tellement reproché), mais la campagne, dont il regrette les "surenchères". Hier, à Chartres, il a même donné un conseil à son successeur qui devra, selon lui, embaucher 9.000 policiers et gendarmes en plus.
Après, et c’était la première fois pour un président de la République, il est allé rendre visite aux francs-maçons du Grand Orient de France. Il est probable que s’il avait été candidat à sa succession, la droite lui aurait reproché pareille visite.

Son rôle n’est tout de même pas simple ?

Non, d’autant que c’est la première fois qu’un président abdique au lieu de se représenter. Et c’est terrible de se dire que quoi qu’il fasse, c’est peut-être tout ce qu’on retiendra de son unique quinquennat, la seule trace : son renoncement au soir du 1er décembre 2016. Un renoncement sans être allé au combat, en le refusant, n’est-ce pas la pire forme de l’échec ?
Hollande qui disait en mai dernier : "Ce qui m’anime, m’habite presque, c’est qu’est-ce que j’aurai laissé comme trace, qu’est-ce qu’un autre n’aurait pas pu faire et que j’aurais entrepris". La réponse est forcément cruelle, brutale quand on voit l’état de délabrement du PS, le nombre de ses ministres qui l’ont lâché (encore une hier, Axelle Lemaire) et le niveau dans les sondages de Marine Le Pen, qui prospère sur les décombres de la politique de son quinquennat.
Il n’y a guère que l’écrivain Christine Angot, qui dans une tribune au JDD dimanche, le suppliait de revenir, de se représenter car Hollande est, selon elle, le seul qui peut sauver la nation de l’éclatement redouté.

Peut-on encore imaginer que Hollande se présente ?

Non, mais quand il voit Hamon, il doit regretter. Le seul moment où les projecteurs se retourneront vers lui sera le jour où il dira pour qui il vote. Est-ce que ce sera pour Macron dont le programme, pour certains, ressemble à du Hollande en plus clair ? Si c’est le cas, Hollande laisserait alors une deuxième trace dans l’histoire, en plus de son abdication, en portant le coup de grâce à son propre parti, le PS.