Hamon et Mélenchon en quête d’électeurs

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L'édito politique d'Yves Thréard est une chronique de l'émission Europe matin
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Chaque matin, Yves Thréard nous livre son analyse politique à quelques semaines de l'élection présidentielle.

Hamon et Mélenchon en quête d’électeurs.

Hamon et Mélenchon ont en commun de vouloir incarner la vraie gauche.
Mais ils ont aussi en commun d’être à la traîne dans les sondages : autour de 13% pour le candidat du PS et autour de 11% pour celui de la France insoumise.
Ils ont enfin en commun un week-end décisif, crucial, pour espérer se faire entendre.
Samedi, Mélenchon organise une grande marche à Paris, et ce n’est pas sûr qu’il arrive à attirer 100.000 personnes, comme en 2012.
Dimanche, c’est Hamon qui tient meeting à Bercy, et il aura bien du mal à remplir cette salle parisienne de 12.000 spectateurs.
En fait, Hamon et Mélenchon sont les frères ennemis d’une gauche divisée, malade et en mal d’électeurs.

En s’entendant sur une candidature unique, ils auraient été beaucoup plus forts ?

Mathématiquement oui, mais il est impossible qu’ils s’entendent.
Et puis, avec eux, un plus un ne fait pas deux.
D’abord, Hamon est pro européen, pas Mélenchon. Ensuite, ils ont chacun un objectif respectif, qui n’est pas de gagner la présidentielle. Hamon veut mettre la main sur le PS pour tenter de le reconstruire à sa guise. Mélenchon veut tuer le PS, son ancien parti qu’il déteste, pour apparaître, tel Simon Bolivar, comme le sauveur de la gauche française.
Enfin, ils n’ont pas tout à fait le même électorat sociologiquement. Les électeurs de Hamon sont, pour beaucoup, des jeunes diplômés précaires, un peu tendance Nuit debout. Ceux de Mélenchon sont plus âgés, avec beaucoup de fonctionnaires de catégories modestes.

Que ce soit Hamon ou Mélenchon, ils n’ont aucune chance d’être au second tour ?

Aucune dans ces conditions. D’autant qu’ils n’ont aucune réserve de voix. Ils n’ont pas les électeurs de centre gauche qui devraient voter Macron. Et ils ont surtout perdu la gauche des classes populaires, partie au Front national. Hamon et Mélenchon sont un peu les morts-vivants de la vraie gauche.