François Hollande livrera bataille aujourd'hui à Wagram

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L'édito politique d'Yves Thréard est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
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Le président prononcera ce matin un discours salle Wagran à Paris, pour donner sa vision de la France à l'heure du terrorisme, de la montée de l'islamisme et de la crise migratoire.

Aujourd’hui à 11 heures, François Hollande livrera sa bataille de Wagram.

L’événement est annoncé avec tambours et trompettes. François Hollande prononcera ce matin un discours qui devrait faire date, promet-on à l’Elysée, Salle Wagram à Paris.

Non, il ne devrait pas annoncer sa candidature mais prendre de la hauteur, pour nous donner sa vision de la France, à l’heure du terrorisme, de la montée de l’islamisme et de la crise migratoire.

Wagram, c’est tout un symbole qui renvoie à la bataille gagnée par Napoléon en 1809 contre l’armée autrichienne. Une victoire obtenue à l’arraché qui marque le début de la fin de l’Empereur pour beaucoup d’historiens. Hollande n’est pas Napoléon, loin s’en faut, mais il joue gros, très gros à Wagram. Il s’agit clairement de sa dernière cartouche avant 2017.

Ce pourrait être aussi, pour lui, le début de la fin si son discours est raté ?

Raté ou pas, son discours ne changera rien. Son quinquennat a été marqué par trop d’hésitations, d’abandons et de trahisons, pour que le président de la République puisse encore faire illusion auprès des Français et surtout auprès des socialistes et de l’électorat de gauche.

Il va faire l’éloge du respect de l’État de droit, en appeler aux valeurs de la République. Affirmer qu’il ne faut pas les malmener dans la lutte contre le terrorisme islamiste.

Nous répéter, dans l’embrouillamini de son esprit de synthèse, qu’il ne faut ni provocation ni stigmatisation.

Lui Hollande, le même qui plaidait pour la déchéance de nationalité des terroristes après les attentats du 13 novembre.

Allant ainsi à l’encontre de ses propres convictions, des principes de son propre camp, de notre État de droit précisément.

La confiance est donc rompue ?

C’est irrécupérable, la page Hollande est tournée. L’homme va s’exprimer dans le désert puisque plus personne ne l’écoute ou ne le croit. C’est trop tard !

"Ô drapeau de Wagram ! ô pays de Voltaire ! Puissance, liberté, principes, droits, pensée, ils font en ce moment. De toute cette gloire un vaste abaissement.
Toute leur confiance est dans leur petitesse. Ils disent, se sentant d'une chétive espèce : Bah ! nous ne pesons rien ! régnons !"

Ainsi s’exprimait Victor Hugo dans Les Châtiments en visant Napoléon III, On pourrait transposer le poème à Hollande et notre époque.