Florange : symbole d’un quinquennat de trahisons

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L'édito politique d'Yves Thréard est une chronique de l'émission Europe 1 bonjour
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Alors qu'il en avait fait une promesse de campagne en 2012, François Hollande a laissé tomber les ouvriers de Florange et ne s'est jamais penché sur question de la désindustrialisation galopante de la France.

Hollande à Florange aujourd’hui, Florange où le symbole de toutes les trahisons de Hollande.

Oui, c’était une de ses nombreuses promesses de campagne de 2012.
François Hollande monte sur une camionnette et scande aux ouvriers en colère des hauts-fourneaux d’Arcelor Mittal : "Je viens devant vous prendre des engagements ! Quand une grande firme ne voudra plus d'une unité de production, elle sera obligée de la céder à un repreneur, il n'y aura plus de démantèlement".
On connaît la suite : une fois élu, Hollande ne trouvera pas de repreneur et, le 24 avril 2013, les hauts-fourneaux seront mis à l’arrêt. Même s’il n’y a pas eu de plan social, il y a eu démantèlement. En fait, Hollande s’était entendu en coulisses avec Arcelor-Mittal.
Florange devait être le symbole de la rupture avec la droite et Sarkozy.
Ce sera l’acte I de la déconfiture de Hollande, de la fracture de sa majorité présidentielle puisque rien ne va plus dès lors avec Montebourg, de la brisure avec sa politique économique exposée au Bourget quand il lançait : "Mon adversaire, c’est le monde de la finance".

Le verdict d’Yves Thréard est sans appel.

Le pire, c’est d’entendre François Hollande dire, la semaine dernière, dans une longue interview à L’Obs : "Le pays retrouve des couleurs industrielles".
Toujours le mensonge et le déni, marques de fabrique de ce quinquennat.
Faut-il rappeler la scandaleuse affaire Alstom de Belfort où l’État, sur le dos des contribuables, va voler au secours de 400 salariés, pour ne pas perdre la face ?
Faut-il rappeler que notre industrie a perdu 100.000 emplois depuis quatre ans ?
Faut-il rappeler aussi les fermetures de PSA à Aulnay, de Goodyear à Amiens et la perte de champions français comme Lafarge ou Alcatel ?
Entre indécision et improvisation, matraquage fiscal au début de son mandat et peur des montées de boucliers syndicales, Hollande ne s’est jamais penché sur la désindustrialisation galopante de la France.

C’est pourtant là qu’est son électorat ?

Hollande a accéléré le divorce entre le Parti socialiste et les classes populaires.
Les préférences du PS vont beaucoup plus à la défense des minorités, comme les immigrés ou les homosexuels, qu’à celle des "sans dents", pour reprendre une expression malheureuse de François Hollande. La gauche bobo avant la gauche prolo.
D’où les échecs électoraux à répétition de la gauche depuis quatre ans.
Les milieux modestes se sentent relégués, déclassés, oubliés.
Beaucoup de ceux-là se réfugient désormais dans le giron de Marine Le Pen, qui arrive même à recruter des syndicalistes. C’est dire l’ampleur de la trahison !